Un Frère Au Vénezuela

29/09/2010 - Pays : Venezuela - Imprimer ce message

Je m'appelle guillaume. J'ai presque 21 ans.

Je m'en vais voir mon frère au Venezuela, 10 jours.

Enfin, 9, j'ai raté mon avion.

Durant le vol, le premier de ma vie, je ne comprends pas grand chose à l'espagnol mais il faut que je m'emploie tout en me demandant :

- Euh... comment on dit "stylo" ?... Vite, il faut que je remplisse ce papier pour la douane !


Parlons-en de cette formalité. Totalement bidon, la douanière ne daigne même pas lever la tête, elle chantonne et se fout des gens. Ceci dit, c’est pas plus mal car ce papier je l’ai rempli à moitié.

En tout cas ce n'est pas une moitié de choc que j'ai à l'arrivée.

Caracas m'envoie son dépaysement dès l'atterrissage. Première fois hors de France, pensez donc...


Mon frère il a pas arrêté de me dire que c'est dangereux alors j'espère qu'il est au rendez-vous.

Un gars me parle pendant que je sors à l'air libre, avec plus aucune contrainte à passer. Je comprends pas ce qu'il me veut et continue d'avancer.

Je regarde autour de moi et je le vois, mon frère Il lève la main, je souris.

Il n'a pas l'air d'avoir changé. En tout cas, il a toujours les mêmes habits.


L'habit ne fait pas le moine, c'est certainement pour ça qu'il m'avait conseillé de venir vêtu comme un clochard. Pour gommer au possible l'étiquette "touriste".

Mais moi, je me sens un touriste. Je suis dépendant de mon frère Je suis obligé de le suivre à la trace.


D'ailleurs, ça démarre sur les chapeaux de roues, après les virils câlins et les 3 habituelles questions bateaux que doivent se taper les arrivants :

- Ça va, t'as fait bon voyage ?

- Euh... tu tiens vraiment à la porter cette énorme banane ventrale trop visible qui renifle le fric à 50 mètres ?

- T'as ramené du pinard de François ?

Bon, c'est vrai, c'est un peu différent, mais comprenez-le, je suis son frère, il me protège à sa façon...

Il a l'air d'une pile électrique. Il me dit :

- Bon, suis moi, j't'explique rapidement : Faut que je retrouve les 2 gars Français à qui j'ai filé 200 bolivars, l'équivalent de 50 dollars canadiens au taux officiel des cartes de retrait, parce qu'ils étaient en galère au moment de payer la taxe d'aéroport scandaleusement élevé. Ceci dit, c'est peut-être du à la nationalisation de l'aéroport et pour éviter que les compagnies US se fassent du fric. Faudra que tu la mettes de coté dans ton portefeuille, cette somme. Dans cet aéroport, tu es fortement invité à plastifier ton bagage, moyennant 10 dollars canadiens par pièce. J'ai jamais, dans tous mes voyages, plastifié mon sac. Ici le pétrole vaut moins cher que de l'eau et c'est la matière première du plastique. Pourtant, le prix du service d'emballage est scandaleux. Du racket. En plus la plupart du personnel annexe à l'aéroport est désagréable. L'habit fait le moine dans notre société. Si tu t'habilles en costard tu peux grimper les échelons. Si tu t'habilles avec un uniforme bleu, tu peux monter une petite entreprise de racket à l'aéroport de Caracas. Vu comment les touristes sont happés par des hommes ayant l'allure de policier, que ce soit pour changer de l'argent au marché noir qui sévit ici, pour aider à porter les bagages, pour prendre un taxi... Il est alors primordial de vérifier si il y a port d'armes. Si le gars n'a pas d'arme à feu, il ne peut pas te forcer à aller en prison, tu peux l'envoyer chier si il t'emmerde. OK ?

- Euh... ouais... mais... c'est quand qu'on va à l'hôtel, là ?

Je le suis au milieu du fouillis des départs et du bordel des arrivées. Putain, j'y suis, ça y est. Vénézuela.

Au bout de 20 minutes, je connais déjà l'aéroport quasi par c½ur. Je m'adapte vite. Je dis à mon frère qu'on devrait se casser, néanmoins. Lui, il est un peu blasé de n'avoir pu confirmer son e-mail aux deux gars qui sont partis avec les 2/3 de son retrait, et sachant qu'il ne peut pas retirer plus d'une fois par jour, il a plus une calice de cent, comme il dit. Mais il a confiance en la parole de ces Toulousains, d'ailleurs je lui prête mon point de vue pour qu'il remercie et souhaite bonne route à Jeff et Romain.

Il me demande combien j'ai d'euros avec moi puis exige que je sorte la moitié discrètement afin de la lui donner. Je m'exécute.

- Discrètement ! qu'il commence déjà à gueuler.

- Ouais ben attend, vas-y tiens moi ça...

- Faut tout réorganiser ton argent : Ton portefeuille est trop gros, les billets doivent être séparés les uns des autres.

- Ouais ben... ça va quand même, tu veux pas non plus que je les classe par numéros de série ?

- Non, mais j'veux pas que tu fasses tomber deux billets de 50 euros en cherchant de la monnaie pour un junkie qui veut à tout prix une pièce. T'es pas au fuckin' Carrefour de Condrieu, ici c'est Caracas, classé 2ème ville la plus dangereuse du monde par une étude Mexicaine, devant Mogadiscio en Somalie et juste derrière Ciudad Juarez à la frontière nord du Mexique, poumon des cartels de narco-trafiquants pour approvisionner la délurée jeunesse Américaine !

- Ouais mais attend, si les narcos ont suffisamment d'argent et de pouvoir, ils peuvent corrompre les médias qui vont amplifier les faits et ainsi terroriser les policiers qui ne vont pas faire de zèle de peur de prendre une balle pour un petit chèque toutes les quinzaines, provoquant en bout de ligne une certaine tranquillité pour effectuer les opérations.

- Oui et non, parce qu'à ce moment il n'y a qu'à corrompre la police directement. Là, ce sont les gangs qui se disputent le marché. Ce n'est pas légal, pas côté en bourse, c'est du cash ou de l'or qui sont troqués, ça se règle sans tribunaux mais avec le bruit du canon. Pour revenir sur le sujet de la corruption, le Venezuela fait partie des 20 pays les plus corrompus du monde, selon le "Transparency International’s 2009 Global Corruption Barometer", au même titre que l'Ouzbékistan, qu'Haïti, la Birmanie ou la Somalie. Alors tout ce qui a un uniforme de l'"Ejercito" et un flingue, tu ne l'approches pas.

Puis il part faire changer 100 euros pour 980 bolivars à un gars qu'il avait déjà sondé pour négocier un prix, avant que j'arrive. Il fourre tout dans sa poche :

- Je le garde jusqu'à l'hôtel.

- Ouais ouais, c'est mieux.

- 9,8. Je pense pas qu'on puisse retrouver mieux dans le pays.

- On fait quoi, on prend un taxi ?

- Ça fait le prix de 2 nuits dans notre hôtel de merde, donc non. On va prendre un bus qui vaut au change du marché noir seulement 2 euros par tête.

Ça y est, il fait sa pince. Je m'en vais lui dire qu'il peut relaxer sur l'argent parce que j'en ai mais il enchaîne :

- Et puis c'est plus sécurisant. Ici y'a des faux taxis qui peuvent te dépouiller avant de te laisser Dieu sait où. J'ai entendu des histoires de ce genre. Même pas étonnant.

OK, allons-y par bus.


Nous rentrons sur Caracas, et c'est une sacrée grosse agglomération. Même s'il fait noir, je distingue les banlieues pauvres qui couvrent les différentes collines en bordure de ville. Ça fait un paquet de "favelas" et jamais je n'aurais imaginé que des montagnes entières étaient recouverte de bidonville !

Mon frère m'explique son ressenti de la citée, porteuse d'une lourde atmosphère qui a déteint sur la population. Selon lui, hein, parce qu'il ne faut pas prendre à la lettre tout ce qu'il dit.

Il me précise avoir reçu un accueil déplorable des commerçants. Dans la mesure où l'on peut encore appeler ça un "accueil", car c'est plutôt un écueil, comme il dit en ricanant. Moi je trouve pas ça drôle, mais je rigole un peu quand même, sinon il va rigoureusement me demander si j'ai compris sa plaisanterie. Les gens n'ont aucune politesse entre eux, encore moins avec les étrangers, de ce qu'il a vu.

Le personnel de l'hôtel en serait la parfaite représentation. Il y aurait un veilleur de nuit, un "estie de trou d'cul" comme l'appelle mon frère, l'un de ses jurons québécois favori, qui serait aussi sympathique qu'une chasse d'eau cassée derrière la porte d'une cellule de prison. J'ai du mal à m'imaginer ce que ça à l'air c't'affaire là mais je saisis l'idée. Et je vais m'en rendre compte par moi-même à peine arrivé. Effectivement, c'est un blaireau ce veilleur de nuit.

En attendant, mon frère me raconte sa première sortie de l'hôtel, à peine 50 mètres ont suffi pour rencontrer un junkie insistant accompagné de son pote, un gars dont les yeux feraient croire aux diable. Je pense qu'il en rajoute pour me faire peur en disant qu'il a préféré traverser au milieu du rapide et dangereux trafic de l'avenue plutôt que de rester à la merci de ces 2 jeunes drogués. Ouais, il exagère un peu, parce que mon frère normalement, il a des couilles. Fermes là toi, tu n'en sais rien.

Il continue en me rapportant la troublante arrivée des Toulousains, il y a 2 jours. Alors qu'ils sortaient du métro et marchaient en direction de l'hôtel, un homme a croisé leurs regards puis s'est passé le pouce sur la largeur de la gorge, en souriant machiavéliquement. Ensuite, une pute les as suivis jusqu'à l'hôtel puis leur a réclamé de l'argent sous prétexte de sa soi-disante aide.

- C'est le quartier réputé le plus sûr de Caracas, pourtant... précise t'il avant de m'inviter à admirer les inscriptions à la gloire du gouvernement révolutionnaire Bolivarien.

Comme elles sont toutes en espagnoles, je comprend pas vraiment. Mais j'ai hâte qu'on arrive. Lui aussi.

Lorsque nous descendons du bus, l'endroit est crade, lugubre, pas franchement rassurant. Nous mettons nos sacs dans un taxi, mon frère s'installe à la place du mort afin de faire la conversation au chauffeur et je me mets derrière ce dernier. Parce que mon frère il dit que c'est mieux pour lui mettre des droites au visage si jamais les affaires tournent mal. Putain, j'ai hâte qu'on se casse sur une île. Malgré cela, nous arrivons sains et saufs à l'hôtel et je peux enfin souffler un grand coup. Mon frère m’attendait ici depuis déjà 4 jours et je comprends très vite pourquoi il ne voulait pas rester à Caracas plus longtemps.

Il avait fait la connaissance, la veille, d’un Allemand. Nous passerons la soirée avec lui dans l’hôtel ultra protégé par des fils barbelés ou électriques, des tessons de bouteilles coulés dans le ciment au dessus des murs, comme la plupart des habitations du centre ville. Ici, il semble évident que l'on a peur d'une intrusion. Nous buvons du vin et mangeons du pain tout sec avec des rigottes légèrement souillées par la traversée d'un océan en soute.

Mon frère jongle entre le français, l'anglais et l'espagnol. Et je dois bien avouer que cela m'impressionne. Complètement crevé et me sentant inutile, je vais m'écraser sur le lit matrimonial que nous occupons dans une chambre ridiculement petite, avant qu'il me rejoigne en argumentant sur le fait qu'il vaudrait mieux abandonner l'idée initiale d'aller sur l'île Margarita et plutôt partir de l'autre côté. Je marmonne que c'est d'accord tout en serrant mon petit dauphin en peluche.

De toute façon tout ce que je veux c'est dormir.

Lendemain matin, je me risque à prendre une douche. Comment ça, y'a pas d'eau chaude ?

Après un rapide déjeuner dans le restau en face, nous filons sur internet. Il faut traverser l'avenue Casanova et je dois bien avouer que j'ai flippé tellement le trafic est dense et incessant. Ça, je l'avais jamais ressenti auparavant. Comme mon ordi ne fonctionne pas, et que j'ai hâte de quitter la ville qui ne m'inspire pas confiance avec tous ces détritus qui traîne, je presse mon frère de lâcher son club de foot. Comme il ne veut pas me laisser fumer une clope tout seul dehors, vu que lui même ne le ferait pas, il va payer et nous quittons l'hôtel en direction d'une station de bus privée, en taxi.

Il y en a beaucoup, des stations de bus privées, à Caracas et dans le pays. Elles prônent sécurité, confort et ponctualité. Mais à cause d'un accident sur l'autoroute, nous arriverons à Maracay avec plus de 2 heures de retard, et c'est vrai que les sièges rabattables sont confortables. Arrivés à la gare routière, mon frère part en quête de renseignements. Notre destination est Choroni et plus précisément les plages de Puerto Colombia. Nous embarquons illico dans un petit bus tout défoncé plein à craquer de Vénézueliens où il y a seulement 3 autres occidentaux.

Ça y est, je suis au c½ur de la meule, alors que mon frère ne siège pas à côté de moi par manque de place. Il est assis au fond, à côté de nos sacs qui prennent une place entière et qui nous coûtent le prix d'un passager.

Je suis refait, la musique est locale, joyeuse et je crois comprendre que ça parle d'amour. Le chauffeur est un pilote, nous roulons à vive allure par des routes sinueuses et dangereuses, depuis lesquelles nous apercevons un camion en contrebas qui avait fait le grand saut et s'était retrouvé les 4 roues en l'air après une chute de 30 mètres. Moi, j'ai même pas peur, serré à côté de locaux alors que des enceintes crachent à balle de musique Vénézuelienne... Un très chouette moment.

Nous arrivons à la nuit tombée, trouvons non sans mal le moins cher endroit pour loger et entamons nos 2 jours de farniente sur les plages de la mer Caraïbe, que je vois et dans laquelle je me baigne pour la première fois, évidemment. C'est cool. Mais j'aimerais bien que ma chérie soit là, parce qu'elle me manque beaucoup.

Mon frère est en train de discuter avec un couple d'argentins qui vont nous faire essayer un de leurs trucs local qui ressemble à du thé. Ça s'appelle du Maté et c'est très populaire en Argentine, m'explique mon frère J'accepte par politesse à chaque fois qu'ils me proposent mais je trouve ça pas terrible, fade et la paille à le goût d'une trentaine de bouches.

Je tombe de fatigue le samedi soir et mon frère ne viendra pas me réveiller pour sortir. Il s'en ira donc avec 2 allemandes et un anglais qui parle Français. Il rentrera à 4 heures du matin et ne jugeras pas vraiment nécessaire de me raconter sa soirée, mais j'aurais quelques indices en le voyant dire adieu à la très jolie petite allemande.

Nous partons de Choroni, alors qu'un gamin vomit sur le trottoir. Marrant.

Le même bus mais dans l'autre sens, nous retraversons la forêt de bambous en altitude et rejoignons Maracay, une nouvelle fois. Nous montons dans un bus alors qu'il roule à petite allure, quittant la gare routière pour la ville de Valencia. Le timing est parfait, et nous y arrivons quelques heures plus tard. Nous devons prendre un troisième bus pour Chichiriviche, notre destination finale.

Et alors que nous nous dirigeons vers l'intérieur de la gare routière de cette ville, mon frère me signale qu'un militaire nous invite à le rejoindre. Je tourne la tête et remarque à une vingtaine de mètres un petit stand où siègent quelques hommes en uniformes, mitraillettes dans les mains. Ils nous regardent tous et l'un d'entre eux nous fait des signes de main.

Mon frère pousse un juron :

- Et merde ! Ils vont nous casser les couilles ceux là ! Allez viens, on a pas le choix.

Je ne comprends rien à ce que raconte les méchants hommes en verts, mon frère converse avec eux et ouvre l'un de ses sacs suite à un ordre. Il en sort son appareil photo et son petit ordinateur. Ils semblent très intéressés par ces objets. Ils nous demandent également nos passeports qu'ils gardent de côté.

Lui, il leur dit qu'il n'aime pas trop que tous ses biens soient déballés à la vue de l'opinion publique, et il se verra répondre rudement qu'il n'y a pas de voleurs au Venezuela, que tout le monde ici est son ami.

Comme ça sonne très faux mais qu'il ne faut pas empirer les choses, il va répondre naïvement qu'il n'y a alors aucun problèmes. J'ai limite peur qu'il rajoute que, à compte là, on peut aussi se foutre à poil. Mais il a pas l'air d'humeur à faire de la provocation, ce serait relativement malvenue face à des personnes qui ont le pouvoir de nous priver de liberté. Et surtout, ne pas leur donner d'idées.

Tout est passé au crible dans ses affaires. Ils vont jusqu'à ouvrir son objectif d'appareil photo alors que lui les en empêche avec tact, invoquant l'atmosphère poussiéreuse. Il n'en ont rien à faire. Ils ont l'air de poser des questions à mon sujet et mon frère y répond. Je suis bien content qu'il sache l'espagnol parce que j'imagine mal la même scène avec un pote ayant les mêmes connaissances que moi.

Je pense à une fouille normale alors je suis plutôt tranquille, malgré que tout sois passé au crible : vêtements, livres, guitare, son pot de pâté que lui avait ramené son pote Karim, qu'il a d'ailleurs bien du mal à ne pas faire ouvrir sous peine que le produit va être foutu et ne tiendra pas jusqu'à son anniversaire. Ils lui demande même de lire la lettre que ma mère lui avait écrite et que j'avais emmené avec moi !!! Délirant.

Mon frère flippe grave. Il a les lèvres toutes sèches. Il chie dans son froc, merde ! Je suis à deux doigts de partir lui acheter des couches.

Ceci dit, faut le comprendre, les mecs ont mis de côté son appareil photo et son ordinateur... Attends, comme il dit, l'ordi est son deuxième cerveau et l'appareil son deuxième pénis.

Et mon frère avec un cerveau de moins, j'aimerais pas l'avoir à côté... déjà qu'en temps normal, il me gonfle avec son expérience. Ah ouais, clairement, avec un cerveau de moins, moi je ferme plus l'½il de la nuit, on sait pas de quoi il est capable le type...

Quoi, le pénis ?

Ben là, j'en sais rien, c'est pas à moi qu'il faut demander ça...

Je le vois essayer de faire des blagues à la con, il fait son gentil serviable, il comprend pas grand chose à ce qu'on lui demande, et j'avoue que je ne peux pas grand chose pour l'aider... Bon, pour sa gouverne, il me dira plus tard qu'il a fait semblant de ne pas comprendre à chaque fois que les militaires lui lançaient des allusions à l'argent. Ah... il est malin...

Mais pour l'heure il le fait moins, et j'avoue qu'il en est de même pour moi. Je crains qu'ils ne glissent subtilement dans mes affaires un sachet de drogues pour faire mine de le découvrir par la suite. Ça serait fichtrement embêtant parce que ça me fera louper mes vacances avec ma chérie. Ou alors mon frère devra laisser ordinateur, appareil photo et guitare pour sauver mes fesses.

Je consulte ma montre. Cela fait 40 minutes que nous sommes coincés ici. Je commence à en avoir marre, d'autant plus que tout le monde autour de nous regarde la scène. Nous sommes l'attraction. Enfin, les militaires semblent se dérider un petit peu. Ils posent des questions à mon frère concernant les drapeaux sur sa guitare, puis l'un d'eux déclare être déjà allé au Vietnam. Le visage de mon frère s'éclaire :

- C'est vrai ?

- Ouais. J'y ai fais la guerre.

Mon frère se renfrogne. Le militaire l'interpelle :

- Quoi, tu me crois pas, pédé ?

- Si, si, bien sûr que si. D'ailleurs j'y étais aussi.

Petit à petit, nous récupérons nos passeports, puis mon frère a l'autorisation de ranger ses affaires. Il ne me le dira que plus tard, mais il a eu sacrément les chocottes lorsque l'un des militaires a ouvert la petite poche de son étui d'appareil photo, celle contenant des feuilles longues. Comme le militaire n'a pas prêté cas de ce qui aurait clairement été un motif pour nous faire une fouille approfondie, mon frère s'est rappelé que l'allemand lui avait dit qu'il n'avait pas trouvé au Venezuela de feuilles à rouler, et en a donc conclu que le militaire ne savait pas ce que c'était.

Bref, on s'en fout, l'essentiel c'est que l'on a l'autorisation de partir.

Sauf que... ils nous posent une dernière question :

- Vous avez des téléphones portables ?

- Euh... oui, fait mon frère, mais c'est un portable qui ne fonctionne pas ici et qui nous sert uniquement de réveille-matin...

- Sortez le.

Je sors donc mon téléphone portable, un vieux truc costaud et suffisant pour moi, et les militaires s'esclaffent :

- Oh putain !! Quelle merde ton cellulaire ! Ha ha ha, c'est ridicule, ici on te l'offre si tu achètes une carte SIM !

- Regardes les nôtres, regardes ce qu'on a nous !

Ils exhibent un Black Berry et un autre truc à écran tactile. J'en ai rien à foutre et j'aime pas qu'ils se moquent de moi. Mon frère feint d'être super impressionné, genre le gars qui n'a jamais vu un Ipod de sa vie et qui va presque jusqu'à demander si cette merveille technologique fonctionne à l'énergie solaire.

Allez, on se casse pour de bon après d'hypocrites poignées de mains et grimpons dans un bus.

- Pfiou... On a frôlé la catastrophe ! Ça m'a fané les 45 minutes de léchage.

- Ouais, d'ailleurs il t'en reste un peu, signale je à mon frère en me touchant le coin des lèvres.

- Il me reste tout, et c'est bien là l'essentiel. En tout cas, heureusement qu'on avait rien d'illégal sur nous...

Oui, parce que mon frère a promis à ma mère de ne pas m'embarquer dans des histoires dangereuses, alors pas de consommation ni d'achats de substances illicites, quelle qu'elles soient.

Et il tient parole. Parce que moi je sais qu'on peut lui faire confiance à mon frère.

Nous voilà maintenant à Chichiriviche, une petite ville où il y a, comme de partout, pas beaucoup de touristes étrangers, mais beaucoup de visiteurs Vénézueliens.

Nous avons repéré dans notre guide une posada nommée El Profe, tenue par Amita, une femme à la musculature impressionnante, qui nous présente une chambre dotée d’une clim, de trois lits ainsi que d'une salle de bain en pierre apparente. Nous craquons pour l'endroit ainsi qu'une maudite somme de 80 bolivars par personne, soit 8 euros la nuit, du moins au taux du marché noir. Malgré les moustiques qui auront raison de ma patience et de mes chevilles, la terrasse est très agréable, le son de la guitare résonnera souvent jusqu'à tard dans la nuit.

Par contre, ici, il fait lourd, il fait tellement lourd, beaucoup plus lourd qu’en France. De plus, c’est sensé être l’hiver et pourtant la chaleur t’écrases, d’ailleurs tu te baignes en hiver. C'est simple, entre midi et 16h, tu ne bouges pas de la chambre climatisée sous peine de fondre.

Il y a beaucoup de gros 4x4 flambants neufs qui circulent sur les routes défoncées mais il y a aussi des voitures dont les carrosseries me rappellent ma Saxo.

Nous allons connaître dès notre arrivée des problèmes d'argent, car malheureusement l'unique banque du village est prise d'assaut et se retrouve souvent à court de billets. Ajoutons cela aux nombreuses coupures électriques qui sévissent dans la ville et bloquent les ATM pour de longues heures et nous voilà dans l'obligation de s’imposer des restrictions :

Le petit déjeuner est annulé.

De toutes manières nous nous levions très souvent sur les coups des 11h donc problème réglé.

Dans la posada loge un groupe de jeunes français, une sorte de colonie de vacances. Ce soir, nous avons seulement mangé une sorte de sandwich bavant d’huile totalement dégueulasse dont la viande avait le gout de la péremption, alors qu'eux se préparaient un énorme barbecue. Mon frère, après une rapide coup d'½il, me dit :

- Ils pourront pas tout finir, c'est pas possible. Soyons patients.

À la fin de leur repas, quelques filles viennent nous proposer de terminer leurs restes, sur lesquels nous allons nous jeter à peine ont-elles le dos tourné. J'ai craché les saucisses tellement elles étaient dégueulasses. La charcuterie de Chichiriviche est pitoyable. Nous allons passer au cours des jours suivants quelques moments avec ce groupe, et je dois bien avouer que c'est vraiment plaisant d'entendre des gens parler le français autour de moi dans cette atmosphère hispanophone dans laquelle je me sens tel un autiste.

Quelques allers-retours à la plage, notamment. Une eau très sale, du sable couvrant des tas d'ordures, l'endroit est loin d'être paradisiaque. Il y aurait des petites îles un peu plus loin qui proposeraient un décor sublime mais le prix du bateau est bien trop important pour s'y rendre seulement à deux.

Alors nous passons du temps dans la "salle de sports" de la posada, nous discutons beaucoup de notre famille et de toutes les choses que nous avons manqués l'un pour l'autre depuis tout ce temps. Je lui raconte les histoires des cousins et cousines, mon travail et mes conneries de l'école, comment grandit notre nièce commune, le fois où les flics ont perquisitionnés ma chambre alors que maman pleurait.

Lui me raconte quelques anecdotes de ses voyages, il me raconte la vie à Montréal, il se confie sur quelques sympathiques histoires de cul qui lui sont arrivés, puis râle à cause de la chaleur.

Nous échangeons quelques amabilités avec un Allemand quarantenaire et bedonnant, qui malgré nous avoir offert 2 assiettes de son repas familial, a laissé une mauvaise impression en voulant nous aider pour changer 80 euros. Je serais persuadé qu'il nous aura fourré quelque part, mon frère un peu moins mais lui aura en travers de la gorge le fait que l'allemand lui ai déclaré tout de go :

- Combien tu veux pour ton ordinateur ?

Lui a répliqué qu'il préfèrerait vendre tous ses slips plutôt que son laptop, puis pendant plusieurs heures, va se refaire la scène en imaginant plusieurs réponses possibles :

- Je veux ta femme, ton gosse, et ta casquette.

- Je veux que tu te mettes un cactus dans le cul et que tu aboies.

- Je veux que tu t'excuses car c'est un manque de respect ce que tu viens de dire.

Ouais, il est drôle mon frère, quand il s'enflamme comme ça tout seul devant sa glace, que le rouge lui monte aux oreilles et qu'il commence à brasser des bras, mâchoires crispées. Allez, ta gueule, viens fumer une clope, ça te fera du bien... De toute façon demain on s'en va sur Coro, parce que Chichiriviche n'est pas jolie alors qu'il y a un espèce de désert de sable en bordure de Coro, citée classée au patrimoine mondial en péril.

Pour se rendre dans cette ville, il nous faut faire un transfert de bus dans l'un de ces endroits où je ne me sens pas du tout en confiance. Au bord d'une route, au milieu d'une agitation inquiétante et des regards bien évidemment braqués sur nous. D'ailleurs, mon frère me fait remarquer que malgré son habitude, il ne se sent pas vraiment en sécurité non plus. Les gens ne sont pas méchants mais pas plus gentils que ça. D'ailleurs, le nombre d'histoires entendues de la part des nombreux taxis que nous prenons ne fait qu'appuyer cette sensation. Les agressions sont fréquentes dans la ville de Coro, c'est d'ailleurs une manifestation de taxis, suite au décès par balle la semaine dernière de l'un des leurs, qui va nous obliger à un détour pour nous rendre aux dunes de sable.

- Rien d'excitant dans ces dunes de sable, franchement...

Qu'est ce que mon frère est négatif ! Ça doit être bien difficile à supporter sur le long terme. Il a l'air blasé de tout. Plus rien ne lui fait plaisir, plus rien ne l'enthousiaste dans son voyage, plus rien ne l'ettone, comme il chante à la guitare. En tout cas je ne me suis pas gêné pour lui dire qu'il est de toute façon condamné à voyager tout seul parce qu'il est trop chiant pour être supportable. Il répondra que c'est triste mais que c'est probablement ce qui va se passer. Je ne pensais qu'à moitié ce que j'ai dis mais j'ai comme l'impression que lui était on ne peut plus sérieux. Il est évident qu'un problème intérieur le ronge, mais je n'en parlerais pas ici.

Nous avons des problèmes pour retirer de l'argent, comme depuis le début du voyage. Faire la queue à un guichet automatique ou à l'intérieur d'une banque bondée est devenu notre pain quotidien, et il est vrai que c'est assez ennuyant comme activité. Le bon côté, c'est que nous sommes à la clim, une nécessitée sur cette côte Caraïbe où la chaleur est gigantesque.

Heureusement, nous avons élu domicile dans la Casa Tun Tun qui possède une piscine. Nous en profitons, bien évidemment. Un gros et léger ballon de plastique fait notre bonheur. C'est dans cette eau tiède que nous rencontrons une Française, extrêmement belle. Mon frère entame la conversation alors qu'elle nage, en bikini.

Elle a un corps de rêve, s'appelle Manon, habite Perpignan et est ici avec ses parents.

Nous discutons du Venezuela et elle partage mon opinion sur la saleté du pays. Les ordures s'entassent partout. Moi, ça me choque, c'est crade comme jamais je pouvais imaginer. Mon frère, il dit que y'a qu'en occident que les gens ont une éducation écologique et des services de nettoyages efficaces, autrement dit il a à peine remarqué. Ce qu'il a remarqué, ce sont les formes de la demoiselle. Moi, je m'en fous, j'ai une chouette chérie qui m'attend à la maison. Par contre, lui ne peut pas rester insensible à une Manon avec l'accent du sud... ça lui rappelle beaucoup de bonnes choses.

Quelques minutes plus tard, elle annonce qu'elle va passer en terminale.

Mon frère manque de boire la tasse. Elle n'a que 16 ans et ses parents nous rejoignent dans la piscine, en mode protecteur. Je rigole sous cape. Bon sang, quand tu vois leurs gueules tu te demandes comment c'est possible d'avoir pondu une beauté pareille. Mais même pour moi, du haut de mes 20 ans, c'est trop jeune.

Et comme d'habitude avec mon frère, que ce soit avec les innombrables taxis que nous avons pris, avec les touristes un minimum renseignés ou les employés d'hôtels, il demande les avis concernant la politique de la République Bolivarienne du Venezuela :

- Moi, Chavez je peux pas le blairer, il est populiste.

- Ou alors il vulgarise la politique pour la rendre accessible à tous.

- Ce que je ne cautionne pas, c'est le fait qu'il ai reçu le président Iranien, l'un des pires dictateurs de tous les temps. C'est scandaleux.

- Et Kadhafi qui se tape des putes de luxe françaises au frais du contribuable, dans des tipis plantés dans les jardins de l'Élysée, c'est pas scandaleux ?

- Oui mais là c'était marrant, y'avait un côté folklorique, le coup des amazones et des tentes. Puis c'était pour la bonne cause, on voulait vendre nos tas de ferrailles d'Airbus.

- Dire "merde !" à l'impérialo-capitalisme du soit-disant "axe du bien" qui ne tolère pas d'autres modèles politiques à l'échelle internationale me semble une bien meilleure cause.

- Il fait venir des médecins de Cuba, provoquant un appauvrissement médical du pays. Je le hais.

- Toi avoir petit cerveau ou trop grand c½ur Liberté et argent pour 8 ans d'études. Normal.

Moi personnellement, ces discussions m'emmerdent. De toute façon, peut-on changer quoi que ce soit ? Non. Alors autant vivre sa petite vie en tâchant d'être heureux.

Les ignorants seront toujours plus heureux dans notre société.


Il est l'heure de quitter. Retour sur la maudite Caracas en 9 heures de bus. Une première pour moi. C'est long, 9 heures de bus, et ça nous fait arriver de nuit. Et ça c'est pas super cool. Un énième taxi nous dépose devant l'hôtel où nous avions déjà logé. Il y a ici 2 Toulonnais qui vont témoigner de l'agression qu'ils ont subis en sortant du métro, à leur arrivée. Un gars les a approché en feignant d'avoir une question puis a sortis un couteau en réclamant de l'argent. Les 2 Toulonnais quarantenaire s'en sont bien sortis sans donner quoi que ce soit. Chapeau à eux.

Le lendemain, 16 h, nous prenons le bus pour nous rendre à l'aéroport. Mon frère me suit avec toutes ses affaires car il va prendre dans la foulée un bus de nuit pour Mérida, une ville qui à l'air super chouette en direction de la Colombie. La queue est immense pour faire l'enregistrement. Ce sont les derniers instants avec mon frère avant je ne sais combien de temps et ça me rend triste.

Lui me donne toutes les dernières recommandations pour prendre mon vol, car il ne va pas pouvoir rester avec moi indéfiniment, son bus part d'ici peu et il lui faut encore revenir au centre-ville.

Jamais je n'avais passé autant de temps avec lui, même si ce ne fut que 9 jours. Trop vite passé d'ailleurs ces 9 jours. Lorsque je le regarde s'éloigner vers de nouvelles aventures, son sac à dos vert de l'armée Américaine sur le dos et sa guitare orné de nombreux drapeaux sous le bras, je me dis que j'ai très envie de revenir le voir pour de nouveau vivre la vie de voyageurs. Écouter avec lui du Jean Leloup, négocier le prix de taxis ou encore sentir l'odeur de la viande en train de pourrir dans un supermarché. Mais j'aurais du lui rendre visite quand il était au Québec. J'espère qu'il y retournera.

Il se retourne une dernière fois et me lève la main. Il est triste, je peux le voir. C'est normal, son petit frère s'en va et il ne sait pas quand il le reverra.

Il est triste, moi aussi, et je ne peux détourner les yeux de ce point vert qui disparait petit à petit à l'horizon.

C'est son sac à dos, il lui sert d'armoire, alors que le monde est sa maison.

Prends soin de toi grand frère. Je t'aime.

Note: 5/5 - 2 vote(s).
Imprimer ce message
Syndication :

Par Steeve
Le 29/09/2010 à 18:53:53
Emouvant ! Ne change pas nico ; j'aimerais de temps en temps revivre des moments comme ceux la au moins cela prouve que tu existes hors d'un système qui t'use jour après jour qui te fais oublie ce genre de moment longue vie a toi ... Steeve je pense que je deviens de plus en plus con ... A+
Par Nicodeloin
Le 30/09/2010 à 21:26:27
Steeve !!!!

Trop cool de te lire par ici !

Je mettrais un bémol, mon ami, mais au bout d'un moment c'est clairement le voyage comme ça qui t'use et je t'avoue que le système me manque parfois.
Et quand il me manque, ça fait pas semblant.

On vérifiera ça, si tu es devenu de plus en plus con, la prochaine fois qu'on se prendra un verre ensemble.
Et j'espère que ce sera bientôt.

:-)

Portes toi bien, bises à tes deux femmes...

Par mxxpndenzu
Le 20/01/2014 à 00:00:14
rnrwpojdpefmpjo, yiadyazwot


Par guillaume
Le 29/09/2010 à 20:59:32
Et ouai ça defonce la découverte!
Par Nicodeloin
Le 30/09/2010 à 21:33:36
Oui, prends soin de toi et économises pour une prochaine fois, histoire de rentabiliser ton passeport....

Bises de la jungle.


Par Karim
Le 29/09/2010 à 21:57:15
Bonsoir Nico.

En préambule, merci le frangin pour ce récit.
En nous quittant au costa rica, tu étais impatient de retrouver ton frére. JE suis content que ces retrouvailles se sont bien passées, et qu'elles n'ont pas été entachées par une faute note...

J'imagine vos retrouvailles, les moments partagés, les émotions, les souvenirs que vous avez du vivre durant ces quelques jours. Rien que moi, j'avais déjà vibré le soir ou on s'est retrouvé à Heredia à l'arrêt de bus.

De notre coté, Marion travaille tranquillou. J'ai repris la formation sur Vienne city. JE suis tous les jours à l'espace st germain. Tous les matins je galère comme un pigeon pour traverser Vienne. J'ai pensé à nos années BTS ce matin car j'ai croisé petit Louis avec ses deux marmalloux. j'avais pas le temps je ne me suis pas arrête.

Mec je t'embrasse, fais attention. Que ton rêve continue.
Par Nicodeloin
Le 30/09/2010 à 21:55:16
Karim, man, c'est vrai que c'etait vibrant cette bouffe dans Heredia...

C'est toujours embêtant à vivre, un proche ou ami qui part dans une autre direction après du temps partagé...

Ca donne envie de tout arrêtez. Oui, pendant quelques jours.

Je t'embrasse aussi, j'espère que tout se passera bien pour ta voie professionnelle, que ce soit sur Vienne ou ailleurs...

C'est une chouette ville, Vienne, quand même...

Bonjour à Marion


Par ben
Le 30/09/2010 à 11:17:11
Yop le voyageur solitaire

Merci au fréro pour le récit!!!Même si le fait de vous quittez a du etre dur je pense que cela ta fait du bien de voir ton cadet

Joli petit récit avec et toujours tes embrouilles qui se finissent bien Continu bien vers la colombie

Bonne route a+ nico
Par Nicodeloin
Le 30/09/2010 à 22:11:12
Hello Ben !

Oui, ca a fait du bien, ça donnerais preque envie de refaire un tour par la France, la famille et les amis sont importants quand même...

En esperant que tes travaux continuent bien...

je te fais des bises !


Par Torpedo
Le 01/10/2010 à 10:19:27
Pas trop cool le Vénézuela pour un premier voyage du frangin hors de France. Montréal aurait été bien plus facile pour une première...

Sinon, Nico, tu sembles passer une période de spleen comme tous les voyageurs peuvent en rencontrer à un certain moment de leur périple.

Je te suggère de te poser un moment dès que tu trouves un endroit calme, qui te botte. À force cela devient usant d'être constamment sur tes gardes, dans un monde hostile. T'as besoin d'un peu de repos. Pose ton bagpack un mois ou deux, souffle un peu, recharge tes batteries, la suite n'en sera que meilleur :)

Torp'

P.S : j'ai enfin dégoté un chouette appart pour ma tribu sur Vaise. Yes ! T'es attendu pour une soirée avec Zaza et les gones. :)
Par Nicodeloin
Le 01/10/2010 à 22:50:04
Torp', tu as tellement raison...
La voix de la connaissance a parlé, et il est vrai qu'il me faudrait m'arrêter.
Figures toi que j'y pense.

Je run out of money anyway donc il me faut une job pour bientôt.

C'est super pour l'appart !
Et avec grand plaisir je viendrais voir ce que ça donne à mon retour en France.
L'avenir parait beaucoup plus radieux maintenant. :-)
Le plus dur est passé pour vous.
Félicitations !

Je vous embrasse. :-)


Par maude
Le 01/10/2010 à 21:24:43
Bravo mon Yomette!
C'est un très joli texte qui reflette bien les 9 jours passés avec notre frere!
J'aurais aimé etre avec vous,rien que de lire votre histoire j'ai versé une larme rien que de penser à l'émotion que j'aurais ressentis parmis vous.Peut etre on remettra ca a une autre fois.A bientot Ninou!!gros bisous
Par Nicodeloin
Le 01/10/2010 à 23:08:32
Ma petite soeur !

Content que le texte t'ai donné de l'émotion !
L'idée de me retrouver avec toi et Guillaume sur les routes me fait fondre d'envie, même si ce ne sera que pour 2 semaines, je signes des 2 pieds et des 2 mains !

Mais il faudra faire ça sur un autre continent que celui-ci, parce que belle comme tu es, les sollicitations vont êtres nombreuses...
Trop nombreuses... :-)

Bises à vous 3.
Par maman
Le 05/10/2010 à 11:09:46
tout a fait d accord a propos du recit.ni l un ni l autre vous n oublierez ce sejour.bravo.c est vrai qu il serait bien que tu trouves un coin tranquille pour souffler.continues bien profites et prends soin de toi.gros bisous
Par Nicodeloin
Le 06/10/2010 à 15:45:55
Merci pour les encouragements...

Je vais te mailer sous peu pour un truc important.

Bises.




Par Lucille
Le 08/10/2010 à 02:46:39
Bon alors déja: promis juré je n'ai pas sauté directement à la fin, pas la peine de trouver une punition sadique à laquelle même mon hypotétique soeur n'aurait pu survivre ;)

Segundo: Effectivement c'était pas facile le Vénézuela... Au moins ton frangin est prêt à affronter le reste du monde^^

Enfin, je suis bien contente que tu projettes de retourner te poser à Montréal. Au vue des autres commentaires, je ne suis pas la seule à penser que tu en as besoin. Et pourtant, on ne peut pas dire que je connaisse bien.
En plus ça me conforte dans l'idée d'aller y faire un tour courant 2011. J'passerai t'emmerder un peu si l'occasion se présente :)

Tu auras remarqué que cette fois ci j'ai fait un bel effort alors maintenant tu m'en dois au moins 5. Tu te démerdes mon grand :)

Au plaisir, je t'embrasse
Par Nicodeloin
Le 08/10/2010 à 20:38:44
So sweet you are !
5, c'est noté.

Bye bye !


Par Visto
Le 08/10/2010 à 19:51:24
A ce que je vois, la plume est l'instrument préféré des MATRAT...
Mais quand même, il ne t'arrive qu'aux mollets!
Par Nicodeloin
Le 08/10/2010 à 20:17:23
Merci pour lui.
Mais il est de moi ce texte. :-)

T'es drôle ! ;-)

Bises, mec !



Laisser un commentaire