Honduras ce qu'on voudra, mais ça fout le vertige.

27/07/2010 - Pays : Honduras - Imprimer ce message

En sortant d'El Salvador, je suis content. Honduras, ça ne peut être que meilleur, non ?

Puis au moins eux sont à la coupe du monde ! Enfin, ils étaient. Comme la France. Mais au moins eux ils ont fait un match plaisant à regarder, contre les Suisses. Il y a d'ailleurs beaucoup de noirs dans l'équipe Hondurienne, et la grande interrogation pour moi est de savoir si c'est représentatif de la population.

De toute façon, les sportifs de haut niveau ne sont pas représentatifs puisqu'ils sont au top physiquement alors qu'on s'engraisse de jours en jours.

 

Allons vérifier dans la capitale, Tegucigalpa.

 

Vérifions tout d'abord les conseils aux voyageurs donnés par le gouvernement Français :

 

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Dernière mise à jour : le 5 juillet 2010.

La recrudescence des cas de dengue constatée en 2009 se confirme, en particulier dans les centres urbains. Les autorités sanitaires procèdent à des pulvérisations massives d’insecticides, mais les risques demeurent. Il est rappelé que la dengue, dont les symptômes s’apparentent à ceux de la grippe, est une maladie extrêmement sérieuse et parfois mortelle (voir le paragraphe en rubrique "santé"). Il est donc vivement recommandé de prendre un maximum de précautions et de ne pas hésiter à consulter un médecin en cas de doute.

 

Sécurité

-  Conditions générales de sécurité

Le Honduras subit une hausse de la délinquance, déjà forte, sous la forme de crimes, d’attaques à main armée, d’extorsions voire d’enlèvements. Les départements les plus touchés sont le nord (Cortès, Atlantida et Colon), notamment la ville de San Pedro Sula, le département de Copán ainsi que Tegucigalpa. Par ailleurs, les effets de la lutte contre les cartels de la drogue au Mexique et en Colombie ont conduit au repli de ces derniers dans certaines villes frontières du Honduras, du Guatemala et du Nicaragua. Il convient donc d’observer scrupuleusement les mesures de sécurité habituelles.

Des bandes de très jeunes gens armés s’attaquent aux personnes - même en groupes - dans des endroits peu fréquentés, les plages par exemple. Ils peuvent devenir violents si leurs demandes ne sont pas satisfaites.

Afin de minimiser les risques au maximum, les recommandations suivantes doivent être prises en compte : 

  • Se faire connaître de l’Ambassade de France,
  • Eviter de se rendre dans les lieux inconnus ou isolés,
  • Eviter de se déplacer dans les quartiers populaires (Comayaguela - Quartier ouest de Tegucigalpa et plus précisément son marché « El Mercado »),
  • Eviter de se déplacer seul et de nuit en tous lieux. Se renseigner sur les zones à risques auprès de la réception de l’hôtel ou d’un poste de police,
  • En toute circonstance, adopter une attitude discrète et ne pas attirer l’attention en exhibant argent liquide, bijoux, objets de valeur ou autres effets personnels réputés précieux,
  • Pour les femmes, éviter le sac à main (lui préférer le sac à dos),
  • Dans les stations balnéaires, ne pas se promener en bord de mer au-delà des limites des plages surveillées, Sur route et en ville, éviter les zones désertes, les pistes ou les petites routes, circuler avec les portières verrouillées et garder les fenêtres fermées en permanence,
  • Ne pas voyager en auto-stop ou prendre à bord de son véhicule des auto-stoppeurs,
  • Ne laisser ni documents ni effets personnels dans les véhicules,
  • Posséder un téléphone cellulaire contenant la liste des numéros de téléphone d’urgence,
  • Pour les déplacements de ville à ville, il convient de préférer l’avion quand ce service existe, les lignes d’autobus et les taxis constituant, y compris de jour, une cible privilégiée pour les criminels,
  • Privilégier les visites de sites touristiques qui sont organisées par les hôtels de bonne catégorie et les agences de voyage internationales ou locales,
  • Maintenir une vigilance accrue dans les autobus, sur les plages, dans les hôtels côtiers ainsi que dans les hôtels bon marché,
  • Accompagner en permanence ses propres enfants (risque d’enlèvements avec demande de rançon),
  • En cas de retrait d’argent à un distributeur automatique de billets, choisir de préférence un distributeur à l’intérieur d’une banque ou d’un centre commercial sécurisé. Ne pas retirer de grandes quantités d’argent, être si possible accompagné et agir de manière discrète et rapide,
  • Les vols de passeports étant de plus en plus fréquents, il est conseillé aux touristes de déposer, dès leur arrivée, passeports et titres de voyage en lieu sûr et de ne garder sur eux qu’une copie de leur passeport. Il en est de même avec l’argent liquide, les papiers personnels et les billets d’avion. Noter le numéro de votre carte de crédit pour faire aussitôt opposition en cas de vol ou de perte.
  • En cas d’agression ou de tentative d’agression, ne pas opposer de résistance. Eviter toute altercation avec des conducteurs ou des piétons (beaucoup sont armés...). En cas de situation douteuse, il est préférable de s’éloigner.

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Au moment où j'arrive à la douane, un bus super classe avec des touristes s'en va. Je me retrouve le seul blanc dans le tas.

Harcelé de questions par des pousses-pousses. Des gars avec des liasses de billets dans les mains qui me proposent que j'ouvre mon portefeuille afin que je leur donne des US dollars qu'ils m’échangeront contre des Lempiras, monnaie locale.

Je refuse poliment, me frayant un passage.

Pour trouver un peu de fun dans cet inconfortable moment, je m'imagine être une star du Rock au milieu de fans qu'un indic aurait prévenus.

Une cible. Tout le monde t’a repéré.

On m'indique un bus. Tout pourri. Tellement pourri que j'en cherchais du regard un autre derrière.

 - Ah ok, celui-ci... Je pensais que c'était une épave qui roulait plus.

Alors oui, il roule, mais il s'arrête tout le temps. Et il se vide, se remplit à chaque fois. Pendant 5 heures.

Voyager à la locale, c'est tout sauf confortable.

 

Au milieu des montagnes, scintillent les lumières étendues de la capitale. Ce n’est pas grand Tegucigalpa, mais l'extension est difficile vu la géographie physique.

Arrivée en banlieue de la ville, un quartier où tous les bus transitent. C'est réputé dangereux, selon mon guide.

C'est quoi la technique, on arrive et on se fume une clope tranquille ?

Je la terminerais dans un taxi, au vu de l'ambiance. C'est le désordre ici.

L'atmosphère, ce qu'il se déroule, les regards de la plupart des gens sur toi, les plusieurs pieds-nus qui déambulent, les groupes de jeunes à un souffle d'être assimilés à des voyous par l'opinion publique...

Tout ça ne me fait qu'à peine négocier avec le taxito pour crisser mes fesses et mes biens en dehors de ce trou à rat.

Invisible avec un appareil photo, tu fais des shouts de malades.

 

Le conducteur reste silencieux, il m'emmène au travers des rues en conduisant vite, donnant des coups de volant sans arrêt à cause des trous dans l'asphalte.

Le décor est dément.

Pas dans le bon sens, mais c'est le genre de choses qui n'est pas facilement descriptible, il faut le voir pour le savoir.

Les rues sont remplies de déchets, aucune hygiène, un type pisse la bite au vent, un autre pousse une petite remorque pleine de ferrailles, une vieille est assise à même le trottoir, des chiens errants se chicanent un bout de plastique, et le chauffeur ne pipe pas un mot.

Je sais pas s'il m'emmène au bon endroit, mais je sais que je n’ai pas envie qu'il me laisse au milieu de tout ça.

 

Une grande cathédrale.

Signe de centre-ville et des nécessités. Comme un hotel.

 - Aqui es el hotel Iberia.

 - Gracias para la conversación.

 

Des hommes fouillent dans les poubelles, simplement amassées à quelques mètres de l'entrée, 4 policiers armés sont à l'autre coin de rues.

Ces dernières sont vides, il est 19 heures et il fait noir.

 

L'hôtel paraît pourri de l'extérieur, le veilleur de nuit déverrouille les 3 cadenas et me laisse entrer. Je n'ai pas fait changer d'argent et il n'accepte ni dollars américain ni Quetzal, monnaie du Guatemala.

 - Faut que je sorte, c'est ce que tu veux dire ?

 - Y'a une banque à 3 coins de rues. Fais attention, ça craint de marcher la nuit ici.

 - ...merci, z'êtes sympathique.

 

En réalité non, et c'est au bout de 10 coins de rues que je trouve la banque. Ca donne pas trop le sourire de marcher avec sa gueule d'occidental qui sort du guichet automatique avec l'équivalent de 200 dollars contre sa vessie.

Il y a clairement de la délinquance. Ça se sent.

Dans ces moments là, j'aimerais bien avoir un compagnon de voyage. Rugbyman, si je dois choisir. Chabal, si je fais la fine bouche.

 

L'hôtel est mort, il y a zéro touriste.

 

Ah, si, y'a deux jeunes blancs qui se pointent. Un couple de Suisses-Allemands, qui vont me raconter très rapidement comment ils sont dans la merde suite au vol de l'un de leurs sacs dans un bus. Il a fallut 1 minute d'inattention pour qu'un sac à dos posé à 2 mètres d'eux ne disparaisse. Ils étaient assis, le sac sur un rac à bagages, mais pas au dessus de leurs têtes, comme il convient de faire.

 

Appareil photo, passeports.

 

Et l'administratif Honduranien n'est pas pressé pour les aider.

 

À la fin de leur histoire, j'ai de la compassion pour eux. Devoir patienter un mois au Honduras, et spécialement dans la capitale, pour espérer obtenir un nouveau passeport. Probablement devoir racheter un autre billet d'avion. La fucking totale mouise. Comment te saper un voyage.

 

Méfions nous davantage.

 

Voici un poète honduranien. Il a 53 ans, de beaux yeux bleus, et travaillerait à l'ONU. Il nous démontre fièrement qu'il sait parler un peu d'anglais puis nous demande s'il peut se joindre à nous pour dîner. Il connaît d'ailleurs l'une des rares places encore ouvertes, nous le suivons.

 

Deux tournées de la bière du pays, on rigole bien jusqu'à 22h.

Le moment où le vieux demande brusquement l'addition, en nous pressant de faire "fondo", dans un remake de Cendrillon qui doit rentrer à minuit.

Il ne l'avouera pas vraiment mais le message est clair. Ici, on ne traîne dans les rues du centre-ville sous aucuns prétextes après 22h.

Ils nous guident à travers un itinéraire spécial qu'il connaît bien : Ce sont toutes les rues où la police stationne en petit groupe. Pas toutes ne sont éclairées.

Et effectivement, le centre-ville fait clairement peur, malgré ses rues lugubrement obscures. Désert, sauf quelques âmes en peine et ombres furtives.

 

Nous arrivons à l'hôtel, sonnons à la cloche en patientant que le veilleur de nuit que le poète qualifie de "pendejo" nous ouvre. 3 hommes arrivent dans notre direction, ils ont traversés la rue exprès pour ça. Je me tiens sur mes gardes, un couteau dans la poche. Le poète les salue lorsqu'ils arrivent vers nous. Ils commencent à échanger rapidement dans un espagnol peu compréhensible. 2 des hommes s'écartent un peu et se font des messes basses. Je les observe, troublé. Les autres le sont aussi, le moment n'est pas folichon.

Un bruit de serrure, enfin...

Magne toi s'te plaît, on est bien mieux au chaud.

 

Le veilleur de nuit referme la porte derrière nous tout en répondant aux 3 hommes :

 - Non, désolé, nous n'avons pas de chambres disponibles.

 

C'est un mensonge, l'hôtel a une occupation d'environ 30% seulement. Je fais part de mon étonnement au vieux poète alors que nous sommes dans le vestibule. Il me coupera la parole :

 - Laisses tomber, viens dans le salon, on ne traîne pas là, fais comme si tu n'avais rien vu.

 

Je suis un peu stupéfait. Qu'est ce que c'est que tout ça ?

 

Les Suisses nous rejoignent un peu plus tard, après avoir discutés avec le veilleur de nuit.

Ils nous disent tout de go qu'on l'a échappés belle, parce que selon l'ouvreur de portes nocturne, l'un des gars cachait probablement un pistolet derrière son dos, au vu de son attitude générale.

 

Je resterais sceptique et personne ne saura la vérité.

Mais la paranoïa est belle et bien alimentée.

 

Salutations au poète suite à l'exhibition de ses travaux, qui a duré des plombes. Il quitte la ville le lendemain à l'aube. Je refuse de l'accompagner à son congrès, malgré son intéressante proposition. Ce n’est pas du tout sur ma route.

Je me lève et je me bouscule, je suis toujours pas réveillé, comme d'habitude...

Me rends au réceptionniste :

 - Ils sont où les Suisses ?

 - Partis tôt ce matin.

 

Ah, mince.

Tout seul c'est tout de suite moins marrant. Je m'en vais me nourrir, marcher un peu, essayer de rentrer dans un musée, sans sentir un instant la possibilité d'exhiber mon Reflex, préférant rester discret sur ce que je possède.

 

Espagne-Portugal dans un bar crasseux, attablé à quelques mètres des 3 présumés braqueurs de la nuit dernière qui paraissait plus fourbes que méchants.

Visites de magasins pour un écusson, je me fais évacuer lors de ma recherche par une séance de dératisation.

La croix et la bannière pour trouver une Lavanderia alors que ça fait 3 jours que je porte le même slip troué. Demain à 11h, qu'il me dit le gugusse.

Hôtel, cigarette, eau, lit, dodo.

 

Je me réveille à 21h. Merde !

J'ai pas bouffé, merde !

Et il fait nuit, triple merde !

Je sors quand même. Ca pue la merde. Putain de ville, tout est mort à cette heure-ci et les seuls êtres qui traînent dans les ruelles sombres de ce centre-ville pourri ont l'air plus morts que vivants. Et pas franchement dignes de confiance.

Moi qui vit plus la nuit que le jour, j'ai envie de pleurer. Il me reste un fond de ma bouteille d'eau, 4 cigarettes et je sais que dans 2 heures je vais péter la dalle. Je suis archi-baisé. Je ne peux que jeter l'éponge et rentrer à l'hôtel, la queue entre les jambes.

J'en peux plus.

Une ville qui est morte la nuit n'a aucun fucking intérêt pour moi. Je n'ai, à cette période là de mon existence, rien à y foutre.

Demain je m'arrache, faut pas déconner. Ah ben non, j'ai mon linge en attente. Après demain.

Et si on me suggère de prendre du temps pour me reposer, je bondis :

 - Silence, c'est ce que je viens de faire pendant 2 heures ! Et regardes où j'en suis !! Alors tu repasseras avec ton repos, vieillard.

 

Lendemain, 11h10, j'attends devant la laverie. Un mot sur la porte indique un retour du gérant sous peu. Le coin de rues est fréquenté par des clochards qui récupèrent toutes les canettes de sodas qu'ils trouvent. 11h25, je sais même plus si je dois être méfiant ou exacerbé.

 

Plus tard, je retrouve les Suisses par hasard dans un café internet. Ils me proposent de les accompagner au sommet d'une colline avoisinante en haut de laquelle siège une grosse statue de Monte Christo.

 

Trajet long, douloureux, il fait une chaleur torride, et nous grimpons au hasard, au moche milieu des quartiers pauvres. C'est à se demander pourquoi on s'emmerde la vie quand tu sais qu'il y a un bus qui grimpe là-haut en 10 minutes.

Les gens ne nous font rien de mal mais les chiens sont méchants. J'ai vraiment cru me faire mordre par deux cabots que j'essayais d'intimider en les arrosant. Ca ne marchait pas.

Bon sang, qu'est ce qu'on fout là ?

 

Un zoo, pas loin de la statue. Avec des vrais singes que tu sens vicieux, surtout quand le gardien te conseille d'enlever ta casquette avant qu'ils ne le fassent.

 

Je donne RDV aux Suisses à 21h sur la place principale. Nous avons un contact qui va prendre un verre en compagnie d'amis dans le quartier chic de la ville, avec ambassades et grands hôtels pour personnalités.

Je précise que le téléphone portable n’existe pas dans cette histoire-là.

J'arrive à 21h03, pas de Suisses. Pourtant reconnue pour leur horlogerie, ils ne seront toujours pas là 21h20. Il pleut, il y a des types aux regards perçants tout autour de moi, pas une seule fille, je ne suis pas serein mais je peux y aller tout seul en prenant un taxi. Mais le retour ?

Soit le contact me reconduit, ce qui sera réalisable mais pas assuré, soit je rentre en taxi et m'expose à des risques.

À savoir que les taxis sont un pourcentage non négligeable dans le nombre d'histoires délinquantes entendues.

 

Je rentre. Ma sécurité avant le plaisir. Sur le pas de l'hôtel, le veilleur de nuit discute avec un Espagnol aux longues Dreads.

Durant une heure, je vais l'écouter raconter ses histoires qu'il vit seul la nuit.

Ce qu'il entend, ce qu'il voit, les touristes qui rentrent en bredouillant en anglais qu'ils se sont fait attaqués, la violence de la ville, la politique qu'il lit dans La Prensa, quotidien du pays. Il évoque le coup d'état de 2009 qui a bénéficié d'une grande propagande au travers des médias.

 

Je cite Alain Musset, spécialiste de l'Amérique Latine.

"L'isolement du Honduras vis-à-vis de ses voisins proches, notamment le Nicaragua qui refuse de reconnaître le gouvernement, a eu un impact sur l'activité économique. D'où une baisse du PIB qui se répercute sur les populations pauvres. Bref, ce pays pauvre est devenu encore plus pauvre."

"Le pays est au c½ur d'une ébullition diplomatique. Et qui en pâtit le plus ? Les populations vulnérables."

 

Voilà pourquoi la vie là-bas est dangereuse, ils ont la dalle.

 

Je m'en vais de Tegucigalpa. La plupart des touristes vont sur les plages de la côte Caraïbes pour passer un diplôme de plongée, dans un petit paradis pour occidentaux du nom d'Utila.

Ca me ferait faire un détour et il faut que je sois le 1er aout au Panama pour prendre un avion. Il ne me reste qu'un mois environ. Et je ne suis pas vraiment intéressé par la plongée, encore moins par les 250 dollars qu'il faut débourser pour 5 jours.

Il y a une autre ville qui pourrait être cool mais ca pue le chicken bus et je suis trop chargé pour me permettre ça.

Le braqueur qui osera va se faire plaisir.

Je vais direct au Nicaragua, ça sera plus simple, et en plus on m'a parlé qu'une sympathique ville avait abritée une révolution il y a moins de 50 ans. Allons voir, passage éclair au Honduras, 8 heures de bus pour la ville suscitée, assis à côté d'une jeune professeur Honduranienne répondant au nom de Denia.

Le contact qui m'aura appris sur la culture Honduranienne.

 

 

J'apprends que les Honduriens n'aiment pas les Salvadorien.

La recherche de renseignements car y'a pas de raison.

 

 

Au Salvador, comme au Honduras, la répartition des terres est inégale. Alors qu’une partie de la population avait des difficultés pour se nourrir, l’agriculture était tournée vers l’exportation afin de favoriser l’intérêt des plus riches.

L’absence de terres et l’inégalité dans la répartition poussait les Salvadoriens à l’exode, notamment au Honduras.

Cette émigration était encouragée par les grands propriétaires salvadoriens qui y voyaient un moyen d’éviter une réforme agraire pourtant nécessaire. Elle était facilitée par la faiblesse de la surveillance à la frontière. De plus il y avait au départ un besoin de main d’½uvre au Honduras pour la culture de la banane, et une visée politique : le rêve d’unifier les populations d’Amérique centrale en les métissant. Mais les choses changèrent peu à peu.

 

Au bout d'un certain temps, les années 60 en gros, les travailleurs émigrés salvadoriens devenaient un enjeu pour les élites des deux pays.

 

En plus du problème des émigrés et son utilisation par les propriétaires terriens honduriens désireux de gagner des élections, d’autres facteurs ont généré des tensions entre les deux pays. Il y a ainsi eu une manipulation de la réalité par les élites politiques, économiques, médiatiques et militaires que ce soit dans les questions de commerce international ou de traitement des réfugiés.

Wikipedia:

"Dès 1959, le gouvernement utilisa le thème des Salvadoriens envahisseurs pour se rendre populaire en leur interdisant l’achat des terres à quarante kilomètres des côtes et des frontières. La même année, trois cents familles salvadoriennes fuyaient le Honduras. Les Salvadoriens furent aussi exclus de la loi agraire de 1961. La déclaration de Marcala de 1965 sur l’immigration, émise par les deux pays, sera sans conséquence. Entre 1963 et 1967, plusieurs centaines de Salvadoriens sont maltraités. Ces mouvements xénophobes étaient encouragés par le leader politique Modesto Rodas Alvarado et par une partie de la presse."

"Le Honduras a utilisé le nationalisme à des fins internes. Il est peu probable que ce gouvernement souhaitait la guerre. Mais en se servant des Salvadoriens comme bouc émissaire à tous les maux du pays (immigration, colonisation économique) pour mieux cacher les faiblesses de sa politique, López Arellano porte une responsabilité majeure dans la hausse de la tension qui a conduit à la guerre." 

« Enfin, les médias des deux pays ont joué un rôle important dans la hausse de tension. Pour expliquer ces manipulations des médias, on peut avancer l’hypothèse de sa collusion avec les milieux économiques auxquels elles appartiennent. »

Fin des années 60, matchs éliminatoires pour la coupe du Monde à Tegucigalpa.

Les footballeurs Salvadoriens se répandirent en insultes sur les Honduraniens. Le peuple encercle l'hôtel de l'équipe, les empêchant de dormir. Epuisés, ils perdent.

À San Salvador, les représailles sont similaires et Honduras perd 3 à 0. Leurs supporters en déplacements furent molestés, en retour les Honduraniens s'en sont pris aux immigrants Salvadoriens, la presse s'en est mêlée puis enfin la politique.

Dans les heures qui suivirent le match, des escarmouches eurent lieu à la frontière des deux États, suivies d’une intense propagande qui rapporta des atrocités de toutes sortes, le plus souvent imaginaires.

Le 4 juillet 1969, alors que le nombre des Salvadoriens expulsés se monte à 20 000 et que le vice-consul du Salvador à Tela est assassiné, les relations diplomatiques entre les deux États sont rompues.

Toutes ces rodomontades culminèrent le lundi 14 juillet 1969, quand un avion militaire salvadorien lâcha une bombe sur Tegucigalpa.

 

Une bombe. Au pif, sur la ville ? J’espère pas, c’est cruel.

La guerre commençait, et allait durer... cent heures.

 

Honduras met une branlée au Salvador grâce à des pilotes d'élites durement formés à l'école militaire, le plus honteux des établissements à apprendre, tout ça pour le compte de gens qui veulent plus de pouvoir et argent.

En fin de compte, La guerre du football a causé 2 000 morts et quelques milliers de blessés. Près de 50 000 personnes y ont perdu leur maison et leurs terres. De nombreux villages furent détruits, tandis que l’industrie salvadorienne fut fortement touchée par une crise.

La guerre dura quatre jours (d’où le nom de Guerre de Cent heures). Le 29 juillet, sous la pression de la communauté internationale et de l’Organisation des États américains, les Salvadoriens retirèrent leurs troupes. L’immense majorité des immigrés salvadoriens quitta le Honduras. Ce qui au final avantagea López Arellano, qui put faire sa réforme agraire sans peine.

On dira ce qu'on voudra, mais ça fout le vertige.

Et au final, non, l'équipe de football n'est pas représentative de la capitale.

Adios ! 

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Par honduras tacouère
Le 27/07/2010 à 23:35:00
yo ,be bap lula

et dans les pays où tout coûte rien, qu'est ce que ça te couterais de ma passer un coup de fil?
d'écrire une lettre au lieu de te b.... seul dans ta chambre d'hotel?

continues bien, à bientôt !

El Mich,
Par Nicodeloin
Le 27/07/2010 à 23:39:44
J'ai pas ton numéro !
Par Mich
Le 27/07/2010 à 23:43:07
vas donc sur skype ou msn !



Par Torpedo
Le 28/07/2010 à 07:06:18
Ah les joies du voyage... En espérant que le Panama soit un peu plus accueillant et sécuritaire :)

Torp'
Par Nicodeloin
Le 28/07/2010 à 09:26:12
Panama - Costa Rica sont sous une grande influence Américaine.

Des USA de vacances malgré l'accueil commercial calamiteux.

L'authenticité se perd au profit de la sécurité.

La question est : C'est quoi le mieux ?

Probablement l'Asie du sud-est si l'on suit ces critères.


Bon déménagement !


Par ben
Le 28/07/2010 à 08:30:29
Hey !!!

je vois que tu enchaine les fucking pays en ce moment

j'espère que la suite sera meilleure, au moins tu sais a quoi t'en tenir pour ceux ci

bonne route amigo

Par Nicodeloin
Le 28/07/2010 à 09:43:19
La suite est sympathique, oui !
;-)


Par Olivendrouille
Le 28/07/2010 à 15:10:35
Éclates bien mon gros...
Et a Panama, tu t'envoles vers où ?
On se tient au jus
Biz
Par Nicodeloin
Le 29/07/2010 à 02:58:10
Caracas, Venezuela.
Expectative totale.
Avec un peu plus de responsabilités.

Balances un mail quand tu as 5 minutes histoire que je sache où tu en es !


Par Marj
Le 28/07/2010 à 19:59:39
Toujours impressionnant ton trip !
Il ne t'arrive que des histoires incroyables !
Que d'histoires à raconter !
Sur ce ! Bon voyage et à bientôt. :)
Par Nicodeloin
Le 29/07/2010 à 02:59:14
&:-D


Par Visto
Le 29/07/2010 à 15:17:11
Sacré Nico, prêt à se prendre une bastos pour ajouter une ligne dans son carnet de "pays visités"...
Par Nicodeloin
Le 29/07/2010 à 21:53:23
Même pas vrai...
J'ai comme l'impression que le prochain pays sera pire encore. Ca commence par un V.
Par maman
Le 01/08/2010 à 19:44:27
ca craint c est nul



Par Visto
Le 31/07/2010 à 11:30:07
Vuvuzela????
ça va faire du fucking noise !!!

Par sosso
Le 08/08/2010 à 17:01:20
Salut toi,

Je t'envoie un petit message de l'hosto, pour te dire que je te suis toujours dans tes périples, légèrement flippant ces derniers temps... D'ailleurs tu restitues très bien l'athmosphère oppressante régnant en ces lieux, si pesante que la frontière entre rationalité et paranoïa semble très fragile... En tout cas on a l'impression d'y être et ça fait froid dans le dos. J'ai bien reçu ton mail mais j'étais en vadrouille au Portugal; je suis rentrée depuis peu, et je n'arrive plus à envoyer des mails de chez moi, d'où le fait que je t'écris de l'hôpital mais l'accès facebook nous a été retiré et je n'ai pas ton adresse mail sous la main... Bref promis sous peu je me débrouille pour t'envoyer le fameux mail en tartine...
Je t'embrasse
Par Nicodeloin
Le 14/08/2010 à 17:24:17
Bonjour !
Quel plaisir d'avoir un écho de toi !
Merci.
Oui, pour le mail en tartine, je vais t'envoyer un petit mail auquel tu n'auras plus qu'à répondre... :-)

PS: J'aime pas recevoir des mails facebook.



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