Guate - 10 jours - mala

05/07/2010 - Pays : Guatemala - Imprimer ce message
Ce que j'aime bien, c'est recroiser des gens rencontrés sur la route.
À la frontière Mexico-Guatémaltèque, c'est Manu l'argentin libéro qui attend son bus pour revenir à San Cristobal. Le mien file en direction du Lago Àtitlan.
Arrivé à San Pedro, petit village en bordure du lac, lui même entouré de volcans, j'élis domicile au "Yo Mamma's", un repaire de travellers.

Et là, je tombe sur Pete, de l'île Jersey. Embrassades, rires de ravissement :
 - Mais pourquoi tu ne m’as pas envoyé un mail ? T'avais mon adresse !
 - Parce que c'est toujours comme ça, on se promet puis on bouge, on rencontre d'autres personnes, et on oublie...

Il y a aussi deux Australiens et un Suédois, tous rencontrés à Puerto Escondido il y a plusieurs semaines. Ils se défonçaient la gueule à chaque soir.
Ben devinez quoi ? La même ici.
Ils sont sympas, mais tributaires d'un parcours qui consiste à squatter des spots peinards et relax pendant quelques semaines pour se mettre la tête à l'envers. 
Les Français Yves et Sylvain sont par contre vraiment agréables... Pas eu l'occasion de bien approfondir la chose mais le genre de mecs avec un style de vie qui me ressemble, donc forcément atomes crochus.

Il n'y a pas grand chose à faire par ici, à part fumer, boire, manger, dormir, ou d'autres conneries du genre ballade à cheval. Se baigner dans le lac est déconseillé de par la présence d'une bactérie dans l'eau. Même si certains le font, on va s'abstenir.

Il y a un musée, tout petit, que je vais visiter. Photos et vidéos des années 50, explication de la formation du lac suite à l'effondrement du cratère de l'énorme volcan qu'il y avait ici même, et la pousse des autres par la suite.

Puis enfin, une explication du calendrier Maya, et ce fut assez troublant lorsque la dame de l'accueil a calculé l'équivalence de ma date de naissance. 

Ainsi, je serais né le 12 Kan. Le serpent à plumes, qui représente l'impulsivité et tout un tas de trucs qui suivent, selon un papier qu'elle m'a remis.
Kan : Serpiente emplumada, el horizonte del color almarillo, respeto, sabiduria, ciclo del tiempo, autoridad, justicia y verdad.
Kan es el signo de la paz, la verdad, la justicia y la riqueza que multiplica las cosas buenas. Significa también agilidad, sabiduría de los ancianos, integración, reunión. Representa la sinceridad, equilibrio, poder y autoridad. Es un buen día para pedir al Creador y Formador que nos dé buenos pensamientos, buenas ideas, la evolución espiritual : es un día muy fuerte.
Simboliza la fuerza del universo, el calor de Kan, el Q'uq'kumatz que apareció en el horizonte y que al erigirse comunicó la Tierra con el cielo, manifestándose la existencia del "Corazón del Cielo/Corazón de la Tierra".
Las personas nacidas en este día pueden ejecutar varios trabajos o profesiones.
Actúan positivamente, son consideres naturales, practican la justicia y la sinceridad, pueden asumir funciones de autoridad.

J'aurais été conçu le 4 No'j. Qui représente l'intelligence, selon elle.

Et il y a une autre date, dans le futur, qu'elle n'a pas su m'expliquer à quoi elle correspondait. Le 7 Aj, représentant la sociabilité.
Quand je lui demandais si c'était la date de ma mort, elle paraissait gênée.
 
Il pleut ici, et violent quand ça s'y met. En fait, je vais vous confier un secret : Je crois que je voyage depuis 2 mois en pleine saison des pluies, mais on va faire comme si on ne savait pas...

San Pedro, c'est ni plus ni moins un repaire de voyageurs où tout le monde parle Anglais. Je n'y reste donc que 2 nuits.

Prochaine étape, Antigua.

Une petite ville très touristique, reconnue pour ses cours d'espagnol. Énormément de jeunes filles occidentales qui sont venues apprendre la langue. Il y a des écoles un peu partout. Belle citée, tranquille, sécuritaire.
Pete m'avait conseillé de prendre mes quartiers à "Casa Amarillo", un déjeuner copieux étant offert.
À peine arrivé là-bas que je tombe sur les 2 Français. Même dortoir, on se fait une soirée entre Frenchys ce soir ?
Maxime, Yves, Sylvain, Nicolas, ça sonne du terroir tout ça.
C'est officiellement la première fois que je parle tout un repas + digestif en Français depuis mon départ de Montréal. 2 mois ?
En Australie, ce fut 2 jours.

Nous sortîmes entre motivés et fûmes ravis de la night-life d'Antigua.
Les rencontres locales furent amorcées par Maxime, qui revenait tout juste d'une mission avec les indigènes Maya, dont il m'en a dit le plus grand bien. Mis à part l'histoire du gars un peu fou avec sa machette qui pensait qu'il venait lui voler ses enfants. Et le menaçait en criant. 
Chaud time.
Max se fonde au milieu d'une troupe d'étudiantes Guatémaltèque. Français et yeux bleus, malgré le chapeau de paille, ça marche.
De toute façon, après plusieurs semaines dans la jungle sans aucune opportunité, le Max il te fourrerait une chèvre. Du moins, il a les dents longues, c'est plus correct sur la forme.
Un Guatémaltèque baraqué nous dit qu'il veut voir la France battre le Mexique à la coupe du monde. On lui dit que nous aussi. Il nous dit que les Mexicains c'est tous des cons. On lui dit que Govou il va marquer. Ou Toulalan. Et que grâce au gardien, on va peut-être encaisser aucun but.
Puis au bout d'un moment qu'on doit aller pisser. Et sur le chemin du retour, la vessie légère et l'haleine rafraichie, il y a "la cara de Mara".

La cara de Mara es un aventura
Emborracha de placer y de pasión roja 
Una cómplice de trente y quatro años
Para compartir saberes afectivos

Me agrada la cara de Mara
Puede hacerme tragar la pildura
Alrededor los volcànes de Guatemala
Queman tan fuerte como los ojos de Mara

Fui con Mara en buena compañìa
Me sienti como pez en el agua
La cara de Mara no vale su corazon
Es porque a ustedes pregunto perdon

No puedo quedar aqui mucho tiempo
Mara se encantaria de venir con migo
Pero tiene la obligacion de dar ejemplo
A huevo que Mara tiene un hijito

Tuve la piel de cien gallinas
Tan intensas fueron nuestras citas
Mientras las rondas de la policia
En el retrovisor habia la cara de Mara.

Yves et Max terminent chez les étudiantes dans une sorte de grande villa de la classe aisée Guatémaltèque.
Des bourges, pour reprendre leurs termes.
J'aurais pu en être envieux s'ils ne s'étaient pas fait expulser de l'after parce que Max a sauté à poil dans la piscine.
Au bout de 8 minutes.

Je me rappelle plus de qui, eux ou moi, est rentré en premier mais Mégane, de Vancouver et occupant le dortoir également, demande au petit matin à son amie Nancy si elle a entendue le petit Français vomir cette nuit en rentrant de soirée.
Nancy va lui répondre que c'est elle, et qu'elle va probablement remettre ça sous peu.

Je me souviens encore de ce match de l'Espagne où Villa me faisait un peu penser au Ballon d'Or 2010. 
Quelle bullshit ce ballon d'or. Le football est un sport collectif et l'on récompense une individualité, qui généralement, va penser à briller par des actions solitaires. Elle devrait être donnée à des joueurs qui jouent pour le collectif avant tout.

Bref, à la 76ème minute, Nancy se dresse de son lit et vomit dans la poubelle en plein dans l'axe mes yeux - l'écran, me donnant l'explication de son déplacement pendant la nuit.
 - Sorry...
 - C'est moi qui suis désolé pour toi. Ca arrive à tout le monde. La bouffe de la rue, la flotte... But de la Suisse !

Mégane se joint à moi pour visionner Mexique France qui restera tristement célèbre.
La Une de l'équipe est digne d'un torche-cul gossip à l'anglaise, Anelka n'est digne que lorsqu'il porte un keffieh et qu'il ne dézone pas sans arrêt comme un petit con.
Puis le deuxième jaune de Toulalan, c'est 2 baffes pour Anelka. COURS après la balle après l'avoir perdu, débile !! C'est comme ça que ça se joue le foot collectif, petite star du hamburger !
On veut vous voir ramper à la fin pour sortir du terrain !
Devant ! Grosse dinde ! Si y'a personne en pointe, comment on fait pour marquer sans exploits individuels sur les côtés ?
Ribéry perd tous ses ballons (en plus d'avoir oublié son cerveau dans le ventre de sa mère) et Govou est triste de quitter Lyon.
Faut vraiment être benêt ou rien n'en avoir à foutre de la compétition et des attentes de millions de supporters.

J'en mettrais 5 dehors pour au moins un an.
Motif : Crime contre le rêve de ceux qui leurs permettent de gagner autant d'argent.

Blasé pendant un jour.
Pour me consoler, je m'offre une escapade sur un volcan. Montées et descentes très raides, le Pacaya a eu une éruption il y a peu et la fumée sort du cratère. On ne nous laisse seulement une quinzaine de minutes à proximité parce que ça peut très bien gicler sans prévenir, le volcan est en activité.
Les villages alentours ont les toits recouverts de cendres.
Décor sales, pauvres, et dignes d'un roman de Stephen King. Ici, il y aurait de chouettes scènes à tourner.


Le record du monde de la grève de la faim est de __ jours.
Est on vraiment obligé de manger 3 fois par jour et de prendre à chaque fois des portions Giant au Mac Do ?

Je te vends 500 grammes de viande à 5 euros, c'est gros tu t'engraisses bien. Moi pas trop, mais ça va venir.
Comme tu reviens parce que t'aimes la facilité du Mac Do, ensuite, je te propose 250 grammes à 3 euros.
Ou alors le 500 grammes qui vaut 5,50 : inflation oblige.
Comme le 250 ne te suffit pas, tu continues l'addiction au giant.
Sauf qu'en réalité, un Humain n'a pas besoin de manger tant que ça pour être en forme.
S'il habitue son corps a peu de nourriture, son corps aura moins de besoin, l'Homme aura moins faim. 
Les fast-foods sont remplis en Amérique Centrale.

Mara me dit que les Mayas ont aussi des mauvaises habitudes, comme le viol de leurs filles.
Je ne savais pas. Je suis un peu déçu.
Je suis un peu déçu aussi de devoir m'en aller aussi vite, parce que c'est chouette ici, je suis comblé et je ne me rendrais compte qu'une fois à Guatemala City combien Antigua fut une ville safe et agréable.

Guatemala city est à une heure de bus.
1 heure d'un "chicken bus", le bus rempli de locaux avec un chauffeur et un récolteur, le genre de gars qui traverse le bus bondé en jouant des coudes pour récupérer l'argent de tout le monde, alors que le bus roule. Il s'arrête toutes les 5 minutes pour faire rentrer encore plus de gens qui s'entassent debout dans l'allée.  Collé contre la vitre, la guitare entre les cuisses, le bas du dos trempé de sueur, 1 petite madame et 1 vieux monsieur à côté, tous trois serrés sur un siège 2 places. C'est là que je vais entendre que Guatemala est une ville dangereuse. La plupart des voyageurs font passer le mot que ça craint et qu'il vaut mieux ne pas s'y arrêter. Comme toutes les capitales d'Amérique Centrale, plus ou moins. Du coup, la plupart l'esquive.
Louper la capitale d'un pays, c'est vraiment dommage, et j'ai un contact via un site internet dédié aux voyageurs à travers le monde qui habite la ville.

Je me rends jusqu'au terminus, il n'y a plus que moi dans le bus. La zone est crade, malsaine. Je suis sur le trottoir, avec mes sacs, en train de négocier le prix avec un taxi. De toutes façons, je n’ai pas le choix, si je veux me barrer de cet endroit qui semble propice à la délinquance, faut que j'accepte son dernier tarif.

L'une des plus faciles façons d'entamer une conversation en voyage est le ballon rond. Spécialement en coupe du monde, mais ils connaissent également la Ligue Des Champions.
 - Je viens de la ville dont le club a éliminé le Réal Madrid en huitièmes de finale.
 - Oui, je connais... Ah... j'aimerais bien aller en France...
 - T'enflammes pas amigo, ce n’est pas aussi bien qu'à la télé. Tu as vu le reflet de notre société qu'à renvoyé notre équipe nationale ?
 - Ha ha ha, ah oui très drôle.

Ca fait marrer tout le monde avec qui j'en parle, cette histoire.

Xiména's guest house, dans la zone 10, l'une des plus sécuritaire. Un quartier de grands hôtels, de discothèques, de bars, de banques, de centres commerciaux comme en occident.
Alors que de l'autre côté de la grosse avenue, c'est la zone 9, et un tout autre décor.
Très peu d'hygiène dans les rues, le marché a l'air d'être ici depuis 25 jours sans avoir subi aucun nettoyage. Que des locaux. Un fuckin autre monde. Invisible au milieu, tu peux ramener des photos surnaturelles. Pas invisible, tu es plus un chat dans un jeu de quilles. Tout le monde te voit, tout le monde t'as vu et tout le monde en parle. Sauf que clairement, si tu veux rester en forme, tu ne prends pas de risques : L'appareil photo reste dans le sac.
Une étrange atmosphère règne ici, même si probablement amplifié par tout ce qu'on t’a dit, de la part des locaux comme des visiteurs.

J'ai senti les gens tendus, dans le centre-ville, zone 1. On m'a conté toutes sortes d'histoires qui vont du couteau sous la gorge la nuit dans un coin de rues, de l'attaque en voiture contre voiture, du pistolet sur la tempe pour Mara, jusqu'au 7 gardes du corps que préfère avoir un riche propriétaire quand il se déplace.

Sa fille s'appelle Maria et nous nous rejoignons pour sortir boire un verre. Elle a un chauffeur et une chouette voiture de 6 ou 7 places. Le chauffeur attend dans la Mazda pendant que l'on se saoule avec des amis à elle dans une discothèque. J'ai l'impression que ça fait un mois que je n'avais pas bu dans le but de me saouler, j'ai l'impression aussi que je ne sais plus faire.
Et c'est tant mieux.

Je vais osciller pendant 3 jours entre le dortoir, la Mazda, la télé pour le football, la scandaleuse expulsion de Gourcuff, tuant ce qui était sur le point rendre l'âme.
Les bars, les bières, l'excellent café du Guatemala, y especialmente un archi-cebere acogedor de Maria, Ale y Ana !
Cheers very much, girls ! 

Même si y'a pas grand chose à faire à Guatemala, j'y serais bien resté un peu plus longtemps. Surtout que là je me rends à San Salvador, et ça a pas l'air d'être gai tous les jours là-bas...
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Par ben
Le 05/07/2010 à 09:36:28
preum's hihihi

je lis et te relaisse un mess apres huhuhuhuu!!
Par ben
Le 05/07/2010 à 09:53:25
Et ben dis moi mon nico tu as la bougeotte en ce moment mais a chaque une nouvelle aventure pour de belle photos

merci de nous faire découvrir toutes ces villes certaines plus interessantes que d'autre et je pense que les rencontres y jouent aussi

Bonne route l'ami à la prochaine étape

biz
Par Nicodeloin
Le 05/07/2010 à 11:03:45
Hasta la vista preum´s !



Par sylvain leal
Le 05/07/2010 à 10:59:16
Tu n'arrête plus, le sud te donne de l'inspiration!c'est un régal pour nous..... en passant tu dit:( ce fut assez troublant lorsque la dame de l'accueil a calculé l'équivalence de ma date de naissance.) ok mais qu'elle date? le 1 janvier ou le 12 juin?
Par Nicodeloin
Le 05/07/2010 à 11:02:39
15/09 amigo ;-)
Par sylvainleal
Le 05/07/2010 à 23:28:37
OK mon chum!alors je te prépare un mega barbecue avec tes potes du west dans ma nouvelle maison pour le 15/09!



Par Mara
Le 07/07/2010 à 23:30:27
... La cara de mara esta llena de pecas.

El comentario de Mara de los Mayas talvez lo puedes ampliar un poco???? suena un poco drastico !!

Que estes pasando buenos momentos!!!
Par Nicodeloin
Le 08/07/2010 à 01:25:40
Llena de lágrimas.

Si, puedo.
Pero no estudiava el subjecto y no quiero escribir sobre las cosas que no conosco bien.
:-)

Aqui tiene un articolo muy interessante.

http://www.votrejournal.net/Guatemala-les-filles-oubliees-des-Mayas_a423.html

A lire.

Muchos besos para ti !
Hasta pronto.



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