* Tu es chez Évo *

21/11/2010 - Pays : Bolivie - Imprimer ce message

Le message suivant est le centième de ce blog. Pour célébrer, voici un diaporama photo accompagné d'une musique ô combien approprié du regretté et talentueux Mano Solo.

http://www.youtube.com/watch?v=bYTt7zGItj4

Tu es chez Evo Morales.

Homme politique Bolivien contesté, politiquement proche de Chavez, il représente surtout les paysans et les indigènes.

Il est le premier président de la Bolivie d’origine autochtone, il a récemment mis un coup de genou dans les parties d'un adversaire lors d'un match de football entre politiciens.

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En Bolivie, l’élimination du racisme et de la discrimination raciale est un pilier de la politique nationale du pays. L’État interdit et sanctionne toute forme de discrimination. Il assure la défense et la promotion des droits de l’homme, économiques, sociaux, culturels et environnementaux et rejette toute forme de racisme et de discrimination. Selon le gouvernement, la discrimination raciale est un fléau qui appauvrit la société dans son ensemble. Il ajoute que "la Déclaration de Durban" et des autres instruments universels relatifs aux droits de l’homme, au racisme, à la discrimination raciale et à la xénophobie constituaient de graves violations des droits économiques, sociaux et culturels.

Tu es chez Evo, qui a promulgué le 8 octobre dernier, une loi contre le racisme et toute forme de discrimination pour éliminer les comportements racistes.

Selon Evo Morales, la Loi contre le racisme et toutes les formes de discrimination contribuera à renverser des siècles de discrimination contre la majorité autochtone du pays. La loi entrera en vigueur en janvier.

Depuis le 10 décembre 2008, le Ministère de la justice a travaillé auprès des populations autochtones pour mettre en place un plan d’action intitulé «Bolivie digne et solidaire pour vivre bien 2009-2013». L’État a également établi un directoire général de lutte contre le racisme et l’intolérance culturelle.

La Bolivie lutte contre l’esclavage et la traite des personnes dans le respect de la mémoire ancestrale des peuples.

Ça parait bien sur le papier, mais tu vas entendre au cours de ce mois passé en Bolivie des avis différents. Les Boliviens dont les racines ne sont pas indigènes désapprouvent fortement cette loi.

D'une part car elle menace la liberté de la presse et impose la censure. Pourquoi ?

Parce qu’elle habilite le gouvernement à fermer les médias ou à jeter les journalistes en prison rien que pour avoir écrit sur le racisme.

Le 7 octobre, 17 grands journaux de tous les coins du pays, comme « El Diario » et « La Prensa », ont lancé un plaidoyer de dernière minute afin d’apporter des modifications au projet de loi. Ils ont tous publié en une une page blanche, à l’exception du de la mention « Pas de démocratie sans liberté d’expression ».

Pour eux, ce qui est en jeu, ce sont deux articles de la loi qui pourraient être mal utilisés pour étouffer la critique politique.

L’article 16 dispose que « tout média qui appuie ou qui publie des idées racistes ou discriminatoires est passible de sanctions économiques et de la suspension de son permis d’exploitation ».
L’article 23 dispose que lorsqu’un crime est commis par un journaliste ou par le propriétaire d’un média, la personne est passible d’une « peine d’un à cinq ans d’emprisonnement » et « qu’elle ne peut invoquer l’immunité ou quelque autre privilège ».

Ainsi, la liberté d’expression serait violée par ces deux articles.
En réponse aux protestations, Morales a déclaré qu’il ne suggérerait pas de modifications à la loi, et que la liberté d’expression était protégée, mais qu’elle pourrait être utilisée comme prétexte pour promouvoir le racisme. Selon eux, loin de restreindre le droit de parler, ce projet de loi réglemente la question et tente de mettre fin à l'humiliation à laquelle l'Afrique et descendants autochtones et autres minorités ont été soumis à plus de cinq siècles.

Elle garantit un accès à l'éducation publique ou privée, des opportunitées d'accès et des conditions égalitaires au travail, un accès aux services médicaux professionels ou traditionnels...etc...

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Tu perds ton couteau Suisse noir. Tu es dégouté. Sûrement tombé de ta poche dans l'autobus, et ramassé par quelqu'un qui a bien fermé sa gueule. Tu parles d'une aubaine, ça vaut au moins 100 piasses US, un Victorinox gravé à ton nom... Câlice...

Ca puait dans ce bus. Le Bolivien à coté de toi puait.

La feuille de coca a une odeur forte et désagréable selon toi, quand elle est présente en trop grosse quantité.

Le mec en a tellement mâché dans sa vie qu'il a un côté de la lèvre verdâtre.

Et dès qu'il tourne sa tête vers toi, il respire. Et ça pue la feuille de coca mâchée par des chicots pourris.

Dur moment. Il fait trop froid pour ouvrir la vitre. Dur moment.

Tu te trouves une chambre miteuse où tu es seul avec 3 lits, dans un hôtel qui parait vide. Tu fumes direct le dernier joint d'un tas de weed qu'une anglaise t'avait donné à Potosi, pendant qu'elle sniffait de la coke.

Tu fais chier pour ton couteau Suisse. T'aurais dû faire gaffe.

Tu prends ta guitare et t'excite dessus pendant 30 minutes, jusqu'à ce qu'on toque à la porte.

C'est un jeune gars qui te propose de venir te baigner le lendemain avec une classe d'étudiantes en droit, qui apparement logent à l'hôtel.

Tu comprends pas pourquoi il t'invite et lui demande.

Il te dit que ce sont les filles qui ont obtenues de lui qu'il vienne te demander.

Tu comprends pas pourquoi non plus. Mais tu demandes plutôt combien ça coûte.

Puis tu acceptes. Ça compensera ta connerie précédente.

 

Le lendemain, il te réveille à 9h15, tu enfiles un bonnet et sors. Il n'y a pas d'étudiantes qui te demandent d'emmener ta guitare, comme tu présumais, mais seulement 3 voyageuses.

Comme c'est un tour organisé, comme on t'a menti, comme c'est totalement à chier et comme ce gars là est un complet malhonnête, tu vas participer au final à une rebellion qui consistera à payer seulement la moitié de la somme demandée par ce guide en buvard. Et quand il te dira que les autres nationalitées payent toutes 55 Bolivianos, tu lui rétorqueras que tu n'en à rien à foutre des autres, et que tu n'as pas vu la vingtaine d'étudiantes en bikini promise.

Il s'énervera en contestant être un voleur puis sortira l'argument que les gringos sont plus riches qu'eux autres. Tu lui répondras qu'il en sait rien et que si il veut, tu lui montres ton relevé de compte.

Celle qui a le même age que toi interviendra pour le terminer en lui contant qu'elle est désolé mais qu'il devrait apprendre plus de choses pour se prétendre guide, et que c'est 25 ou rien.

Le ton monte. Il ne veut pas prendre l'argent que tu lui tend.

Finalement, il partira très énervé avec l'argent. Tu ne lui mettras même pas une claque.


Tu es arrivé à Sucre. En Bolivie. Il y a une grande fête dans toute la ville. Des cortèges de danseurs virevoltent au rythme de la musique locale.

De quoi ravir les touristes qui sortent des Reflex pour prendre en photo une fête dont la date a été fixée aux US et qui s'est étendu de par le monde afin de faire un peu plus de pognon.

Halloween.

Non sérieux, c'est logique, tu te dis.


Tu vas marcher avec Marie Lisa, une Italienne, vous allez rendre visite à une réplique miniature de la Tour Eiffel.

Simon Bolivar a étudié en France, et des statues à son effegie sont présentes un peu partout.

D'ailleurs, vous êtes sur l'avenue Bolivar.


Tu as faim, vous vous arrêtez dans un petit restaurant aux vitres dégueulasses pour manger un "déjeuner populaire" : Une soupe, du riz avec un morceau de viande et un yahourt liquide en dessert.

Tu achètes ta bouteille d'eau journalière et ton paquet de clopes quotiden.

Vous rentrez à l'hôtel. Tu lis "Mi Lucha", parce que tu as le temps, et que tu choisis exactement ce que tu vas faire. Tu es seul, donc si tu veux sortir, tu sors, si tu veux rester pour rêvasser, tu restes, si tu veux accepter l'invitation à partager le repas des 2 jeunes et jolies québecoises qui logent à côté, tu vas partager.


Tu te dis que le voyage offre une très grande liberté, qu'il est pour toi la meilleure pratique de cette dernière et que c'est pour ça que tu y es accroc.

Mais attention à une chose, comme l'a si bien dit Claude Nougaro :

  • Dieudonné, tu es enchaîné à ta liberté.


Tu vas dans le désert de sel, juste un jour, c'est suffisant. Tu es ébloui par cet endroit vraiment à part. À faire.

Tu regardes à Uyuni, la petite ville touristique au bord du désert de sel, les 2 films "Le coeur des Hommes" que tu as récupéré sur le disque dur d'un couple Français habitant Dakar depuis plusieurs années. Et tu aimes ce genre de film.

À Cochabamba, en compagnie d'une Hong-Kongoise, tu verras "Annie Hall" de Woody Allen, et tu es pas loin de crier au génie.


Tu pars sur Potosi, l'une des villes les plus hautes du monde qui culmine à plus de 4000 mètres d'altitude. Une belle citée, où il fait bon se balader. L'un des plus vieux centre de gisement d'argent.

Tu rencontres un Espagnol, Sergio, qui aide une compagnie de mineurs à réaliser une page internet. Tu te proposes pour les photos.

Tu passes la soirée en compagnie d'une Japonaise et tu te dis que tu as vraiment hâte d'aller au pays du soleil levant.


Ta montre ne fonctionne plus. Pendant 3 jours, tu es perdu.

Tu vas visiter l'une des mines. L'atmosphère est suffocante, marcher plié en deux devient dur, respirer aussi. Les mineurs sont tous shootés aux feuilles de coca. Ils en consomment énormément pour tenir.

Ils crèvent tous jeunes. Pour que tu ais des bijoux en argent.


Les touristes sont fortement invités à leur ramener feuilles de coca et rafaichissement, que ces brutes arrachent des mains en écorchant un "m'rci".

Tu fais réparer ta montre chez un gars qui travaille dans un stand d'à peine 1 mètre carré.

Ici, tu ne peux pas marcher en fumant, l'altitude est contre toi et t'envoie une vague de froid dès que le soleil se couche.


Tu arrives à Cochabamba, une ville pas franchement intéressante. 4H30, nuit noire.

Cigarette, taxi, veilleur de nuit. Tu t'excuses de l'avoir réveillé et demandes la chambre la plus à l'écart, sous prétexte que tu veux pas déranger les voisins avec ton instrument.

Le veilleur de nuit va annoncer que c'est interdit de jouer de la musique, et que le Buenos Aires, plus loin, te conviendrait mieux. Tu lui dis que tu joueras pas et que tu veux voir une chambre, parce que le Buenos Aires il fait le double du prix et est à au moins 3 blocs...

Tu t'installes, c'est pitoresque chez Evo Moralès.

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Cette loi contre la discrimination offre beaucoup plus d'aides et de droits à l'importante population majoritaire en Bolivie, les indigènes. Mais également pour la communauté afro-Bolivienne qui a souffert d'oppression pendant 500 années.

Cette loi a pour but de garantir un traitement égalitaire pour tout le monde. Elle impliquera des sanctions envers quelconques formes de racisme ou discrimination portant sur le sexe, la couleur, l'orientation sexuelle, le genre identitaire, les origines, la culture, la nationalité, la ville d'origine, la langue, la religion, l'idéologie, la filiation politique ou philosophique, l'état civil, la condition sociale, le métier, le degré d'instruction, l'invalidité ou même la grossesse.

Autant te dire qu'il vaut mieux pas se moquer d'une grosse femme noire et enceinte venant de Tarija et parlant le Quechua, sous prétexte que c'est une cireuse de chaussures qui prône le capitalisme au travers de ses discours Jéhovahisés.

La forte diversité d'origines raciales de la population Bolivienne conduit a des tensions qui mènent à l'intolérance, qui elle même dérape en discrimination raciale.

Les peuples premiers, les autochtones, tiennent souvent des propos racistes (le plus souvent en langue Quechua) aux Boliviens de générations d'origines européennes. C'est pourquoi beaucoup de ceux-ci voient en cette loi l'occasion pour les indigènes d'asseoir définitivement leur supériorité sur eux. Tu l'as entendu plus d'une fois ce couplet, et même si tu comprends leur point de vue, tu ne peux t'empécher de te dire que les rôles sont justes inversés, avec des siècles d'écart.

Non, pas des siécles, car dans les années 40, la classe travailleuse urbaine a du lutter pour le droit d'utiliser les transports publics. Le racisme dans ce sens là a débuté à l'arrivée des conquistadors dans les années 1500 avec esclavage et maltraitance à l'égard des indigènes, plus tard forcés à travailler et périr dans les mines d'argent. Ou dans leurs propres champs, volés par des riches propriétaires.

Cette loi se veut donc un triomphe pour la classe ouvrière et les opprimés de Bolivie.

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Niveau confort proche du zéro dans cet hôtel.

Tu rencontres 4 Français de 20 ans qui voyagent sans argent.

Tu te rends à la station de bus et remarque combien les Boliviens consomment beaucoup de soda, Coca-Cola en tête.


Tu choisis ta place sur le plan du bus. Toujours dans le fond, car les chances d'avoir 2 places pour toi tout seul sont plus fortes. Mais jamais sur la dernière rangée, c'est la plus inconfortable à chaque fois. En outre, éviter de se mettre au dessus d'un essieu, car les cahots sont plus ressentis.

Enfin, prendre en compte la disposition des TV, pour ne pas se retrouver le regard à la verticale durant 2h.


Tu vis un moment de voyage classique que tu ne juges plus tellement tu l'a fais et tellement c'est toujours la même chose, de la même lassitude à la même gêne.

Une chose qui t'apporte néanmoins de plus en plus d'expérience.

OK, tu veux savoir quoi est-ce ?


Tu es dans un bus qui part avec 45 minutes de retard. À côté d'une vieille qui t'envoie, à chaque fois qu'elle lève les bras, le programme de ses activitées depuis sa dernière douche. Qui doit remonter à 17 jours, plus ou moins...

Derrière, un ado. Il bouge sans arrêt et te fous son pied dans le dos tout autant.

Pas loin, des jeunes avec des enceintes diffusant au maxime de son volume les dernières nouveautées commerciales du reggaeton. Et t'es pas vraiment fan. De moins en moins, en fait.

Et toi ? Tu fais quoi dans ta tête ?

T'es bien, tu relativises, calmement.

Car une semaine auparavant, c'est 2 heures que tu avais attendu avant d'en entamer un trajet de 3. C'est normal ici. On est chez Evo.

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Les journaux et les médias soutiennent la lutte contre le racisme et la discrimination, mais en tant qu'intermédiaire de la liberté d'expression, ils n'acceptent pas la prison pour les journalistes ainsi que la fermeture des médias de communication. Car sans liberté d'expression, il n'y a pas de démocratie.

En somme, une loi contre le racisme, oui, mais pas ainsi.

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Tu te dis que c'est pas grave, c'est aussi ça le partage, même si tu as choisi cette compagnie parce qu'on te l'avait déconseillé à cause de ses nombreux accidents.

Ben oui, dans ta grande logique, tu t'es dis que cette compagnie devait avoir pénurie de clients, et que par conséquent un double siège sera plus aisément accessible.

Mais tu as oublié de prendre en considération la baisse du tarif, le rendant abordable pour n'importe quels pouilleux qui ont plus de taches sur leurs chemises que t'en as sur toute ta garde-robe réunie.

Pour les accidents, faut juste véfier que les chauffeurs ont leurs doses de cocaïne, ça aide bien pour conduire de nuit.


Tu souris. Et t'es comment dans ton corps ?

Bah, mal. Ton siège ne se baisse pas autant que ceux des autres gens, te laissant imaginer une nuit en position assise qui va t'offrir 10 ans de plus en 12 heures de trajet, un voyage dans le temps Mac Fly !

Le bus transporte 55 personnes et tu es le seul étranger. Justice est faite.


Tout ça, tu le vis avec un sourire niaiseux, les mains jointes, les pensées scintillantes de tolérance et self-control.

Ouais, t'es un mec cool. Tu te le répètes une dizaine de fois puis signales aux 2 personnes qui viennent de monter à bord qu'il y a une guitare. Alors s'ils pouvaient arrêter de forcer pour faire rentrer leurs 48 sacs dans le rack à bagages, ça serait très appréciable.

Tu oublies le merci.


Bientôt, tu seras dans un super endroit, la chambre d'hôtel la moins chère de Santa Cruz pour toi tout seul où tu pourras faire ce que tu veux :

Ecraser tes mégots dans le tiroir de la table de chevet, dessiner la carte de Bolivie sur les draps, et surtout chier. Parce que t'as grave envie dans ce bus sans toilettes.


Allez, le confort viendra des oreilles. Se sentir à la maison n'est pas très compliqué, il faut juste savoir quelles chansons écouter. Et justement, le lecteur MP3 que tu as dans les mains vient d'être réactulisé avec une dizaine d'oeuvres de Mano Solo.

Un gamin fait le tour des passagers en demandant les tickets, c'est le poinçonneur des lamas.

Tu lui tends le tien qui est au nom d'un certain "Niko Nicolas", probablement une couille dans la communication, lorsque la musique stoppe.

"Low battery" clignote.

Tu as oublié de recharger les piles, une erreur fatalement fatale avant un trajet en bus.

Même ta zénitude t'implore de te mordre les couilles.

Le gamin te rends le billet avec un regard noir et un des jeunes de derrière te tape sur l'épaule pour te demander ta destination.

Tu te demandes bien pourquoi il t'as demandé ça, encore plus pourquoi tu lui a répondus, mais tu es sur d'une chose : Tu as hâte de retrouver l'occident.

L'unique TV ne fonctionne pas, pas de film pour se changer les idées.

Tu grimaces d'exaspération en constatant l'arrêt dans une station-service. Le moindre des services serait de le faire avant, crotte.

Mais c'est comme ça chez Evo.


Tu te fais réveiller par un autre arrêt, il est 2 heures du matin et le car est fouillé par des autoritées. Tu vérifies qu'il n'y ai pas de chiens et tente d'afficher ta face la plus gentille au passage des uniformes. Parce que tu sais qu'à chaque fois, Vénezuela, Pérou, Équateur ou France, tu as droit à une fouille spéciale.

Au pire des cas, ça ne restera qu'un rapport d'humain à humain qui négocieront une somme d'argent.

Mais quand même, il y a de quoi ne pas être serein.

Le bus repart. Tu espères que ton sac soit toujours dans la soute.

Arrivée, enfin, tu joues la brute et creuse ton chemin dans l'allée. Une clope, récupérer le sac et pogner une bouteille de flotte. Un taxi, qui blague de toi avec ses potes, pendant que tu fumes dans sa voiture.

Alors qu'il chemine à destination, empruntant l'anillo numéro 2, caractéristique de l'architecture routière de cette ville, tu restes aux aguets pour repérer tous les hôtels à proximité de celui où le taxi va te déposer. S'il est plein, ce qui est le cas, tu auras un plan B.

On te montre une piaule qui a la taille d'un chiotte et tu acceptes parce que tu es fatigué. Trop fatigué pour demander si y'a pas plus grand pour le même prix, parce que là tu as peur de te cogner la tête au plafond. 35 bolivianos la nuit, qu'on t'invite à régler au moment de ton départ.


Une nuit, il est 00:30, tu observes par la fenêtre de ton hôtel la descente de rue du camion ramassant les poubelles. Tu distingues la joue gonflée de chacun des jeunes éboueurs.

Ici, en Bolivie, c'est le sport national. Les éboueurs, les mineurs, les chauffeurs de bus, les guides, les vieilles commerçantes. En ajoutant du bicarbonate de soude à la boule de feuilles de coca, l'effet prend beaucoup plus vite.


Tu clames d'habitude qu'en dessous de 22, tu passes ton tour.

Pourtant, c'est du 17, apétissant et ne demandant qu'à se faire enfiler.

Tu plies mais ne rompt pas.

Non, un boxer à 17 Bolivianos, tu te dis qu'il va te durer 6 jours maximum...


Tu joues au curieux et essaye de rentrer un peu partout.

Tu t'asseois sur le sol et regarde les gens passer. Tu te dis que les filles de Santa Cruz sont magnifiques dans leurs vêtements estivaux. Tu les regardes toutes.

Santa Cruz est la plus grande ville de Bolivie et paraît différente des autres citées Boliviennes. Plus d'influence Brésilienne. Et puis il fait chaud tout le temps.


Tu te fais suivre par un genre de voyou qui te dit des trucs dans un argot espagnol que tu comprends pas. Quand tu te retournes, il fait demi tour. Ses 2 potes plus loin t'interpelles en jouant les durs.

Tu tailles ta route, plus rien ne te dégoutes, poussé par ton instinct, tu traces ta vie...

Ici, si on touche à ton égo, tu laisses couler. Si on s'en prend à toi ou tes biens, tu fais pas de prisonniers.

Tu es méfiant un peu tout le temps. L'habitude de l'Amérique Latine. C'est dommage, ça empêche un peu d'apprécier les moments mais c'est le prix à payer quand tu voyages seul, tu te dis...

Tu sais que ça sent la fin, c'est maintenant qu'il faut en profiter.


Tu expliques ta vision de l'art photographique à une Bolivienne que tu aimes bien :

  • Une photo, c'est comme une femme. L'approche du sujet que tu veux "shooter" doit se faire en douceur, à l'insu de ce dernier, comme les subtils premiers pas que l'on fait envers une désirée dame. Le cadrage, c'est lui choisir ses vêtements pour qu'elle soit la plus belle possible. Les retouches couleurs, c'est le maquillage que tu vas lui suggérer.

  • Et le dévellopement ?

  • Dérouler délicatement une pelicule dans une chambre noire, tu fais bien d'en parler. Je voulais justement étudier le sujet en ta compagnie.

     

Tu te rends dans un supermarché et regardes tout. Tout les produits, tous les prix, ce qui se consomme, ce qui est bizarre, différent, ce que tu voudrais bien goûter... bref, tout. Parce que tu as le temps. C'est agréable. Garder les yeux grands ouverts à une importance capitale...

Garder le cul propre aussi, c'est pourquoi tu achètes le rouleau de papier hygiénique qui est une nécessité en Bolivie, parce qu'il n'y en a nul part dans les toilettes. Spécialement dans les hôtels, là où tu en as le plus besoin.

Tu te rends compte que ça fait plus de 30 jours que tu es chez Evo. Tu te dis que Bolivie, ça suffit, et achètes un billet pour l'étranger.

Tu pars en Australie.












En bus.




 

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Par benoit
Le 21/11/2010 à 10:15:13
tu devrais y aller en train, c'est plus sûr...
Par Nicodeloin
Le 22/11/2010 à 02:53:36
:-)


Par BASTIEN
Le 21/11/2010 à 17:29:25
t'es un bon, tu fais réver, continue...
Bisous
Par Nicodeloin
Le 22/11/2010 à 02:54:34
Ca fait plaisir de faire plaisir !


Par Mich
Le 22/11/2010 à 00:14:28
Yep yep yep,

passe le bonjour à Chen la mangue folle !

biz

Par Mich
Le 22/11/2010 à 00:34:51
ton lien vidéo est comme tes calçons, déffaillant....
Par Nicodeloin
Le 22/11/2010 à 02:59:20
Merci, j'avais pas fait gaffe.

http://nicodeloin.kikooboo.com/graphiques/carnets/1197/29462/174794-2.jpeg


Par ben
Le 25/11/2010 à 10:50:57
alors tu en es ou l'ami

jolie bolivie

et les bus ils flottent


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